Afrique du Sud : Disparition de Frederik De Klerk, le libérateur de Mandela

L’Afrique du Sud a perdu l’une des figures emblématiques de la fin de l’apartheid. Dernier président blanc du pays et libérateur de Nelson Mandela, Frederik de Klerk  s’est éteint « paisiblement » des suites d’une longue maladie ce jeudi 11 Novembre à l’âge de 85 ans.

Un héritage ultra conservateur

Né en 1936, Frederik de Klerk grandit dans une famille ultra conservatrice pro apartheid. Rien dans son éducation ne prédestinait ce petit fils de nationaliste afrikaner à devenir celui qui mettrait fin à la ségrégation raciale en Afrique du Sud.

Son parcours politique a d’ailleurs commencé sous les couleurs du parti ultra conservateur. Cet avocat de formation enchaînera ainsi successivement les postes de député, ministre jusqu’à devenir président en 1989.

Le libérateur de Nelson Mandela

Malgré un héritage familial et un parcours politique conservateur, Frederik de Klerk deviendra pourtant le président qui redonnera au pays son unité. Il est en effet celui qui rendra sa liberté à Nelson Mandela après 27 ans, mettant par la même occasion fin à l’apartheid. Ses décisions ont permis au pays de retrouver un semblant d’unité et de devenir la nation arc en ciel qu’elle est aujourd’hui.

Lauréat du prix Nobel de la paix en 1993 le président de Klerk insistera pour partager sa récompense avec N. Mandela

L’oubli de la nation

Après avoir passé deux ans aux côtés du président Mandela en tant que Vice-président, Frederik de Klerk prend ses distances avec la politique. Ce retrait de la vie politique ne provoquera pas d’émoi particulier dans le pays où il retombe presque dans l’anonymat, restant dans l’histoire comme le dernier président blanc d’Afrique du Sud.

Une personnalité et une idéologie ambivalente

Le président De Klerk est perçu en héros dans le monde mais n’en reste pas moins critiqué par une bonne partie des sud africains. Sous des allures de négociateurs et de libérateur le dirigeant a en effet tenu des propos répréhensibles en refusant de qualifier l’apartheid de crime contre l’humanité.

Des excuses in extremis

La fondation de Klerk a publié une vidéo enregistrée avant la mort de l’homme d’Etat. Dans cette courte captation, il fait amende honorable et présente ses excuses « sans réserves » à toutes les populations d’Afrique du Sud ayant connu « la souffrance, la douleur et les indignités » de la ségrégation.

C’est donc une part d’histoire vivante de l’Afrique du Sud qui s’éteint ce jour avec la disparition de Frederik de Klerk.