On ne devrait pas admettre que le syndrome de Fria frappe Boké, non plus l’anarchie de l’administration publique dans la gestion des crises sociales en zone minière ! La ville zone économique spéciale traverse une crise majeure qui se traduit par l’arrêt de la production et du transport de bauxite au sein de la plus grande société d’exploitation et d’exportation de cette matière première en Guinée, la Société Minière de Guinée, SMB. C’est le résultat d’une autre décision du chef de l’Etat qui a donné instruction à l’interpellation d’un syndicaliste en séjour de travail dans la préfecture de la roche rouge. C’est aussi le résultat de la force négative d’une majorité de personnes qui peine à faire la différence entre une grève légale et une manifestation sauvage et répréhensible. En définitive, Abdoulaye Keita, Journaliste de la radio Espace Fm, animateur des émissions minières pense que la préfecture vire vers le chaos, il explique l’origine de la crise et en fait une opinion sur les risques que cours la Guinée si des dispositions urgentes ne sont prises pour la reprise des activités.

Origine de la crise, arrivée de Aboubacar Sidiki Mara ?

Loin des mouvements populaires d’avril et de septembre dont les séquelles sont encore vivantes dans le paysage de la préfecture de Boké, cette dernière est la somme d’incompréhensions aux sein des travailleurs des sociétés WAP, UMS, SMB, toutes formant le consortium d’exploitation de bauxite dans la préfecture depuis juillet 2015. Depuis début 2017, les employés par voie syndicale et parfois individuelle ont toujours sollicité un meilleur traitement salarial en exigeant parfois des sommes trop importantes sans cesse augmenté comme rémunération mensuelle. Toute chose que des responsables de la société ont ont toujours modérés. Certaines améliorations ont été toute fois portées sur les salaires et un système de prime trimestriel institué. Le salaire actuel est d’une moyenne de 3 millions de francs guinéens soit un peu plus de 3 fois le salaire minimum dans le pays.

Les centrales syndicales en convention avec le consortium ne font pas l’unanimité au sein des syndiqués, elles sont accusées parfois d’être partisanes et inefficaces. L’Union Générale des Travailleurs de Guinée dont Aboubacar Sidiki Mara en est l’un des secrétaires a été accueillie par les employés avec beaucoup d’espoir. Cette centrale qui selon son secrétaire général adjoint en séjour à Boké tente d’aider les travailleurs à bénéficier de plus de faveurs dans le traitement. Le 1er mai, lors de la fête du travail, une acclamation populaire confirme sa popularité. Mais la popularité est-elle synonyme de légalité et de Responsabilité ?

C’est ainsi que les autres centrales et les autorités de Boké ont refusées que ce syndicaliste prenne la parole. Etait-il officiellement invité ? c’est là où, les autorités de Boké pouvaient prendre la machine et s’interroger largement sur la situation afin d’en être leaders que de rester observatrices malheureuses et impuissantes.

L’Union Générale des Travailleurs de Guinée, il faut le souligner même si a fait adhérer des employés, n’était représentée dans le bureau des Syndicat affilié à la SMB. Le processus pour y parvenir n’aura jamais été respecté.

Le Président de la République a-t-il eu cette fois la bonne information ?

La décision du Chef de l’Etat de faire arrêter le syndicaliste Mara est soit le résultat d’une bonne source d’information sur les activités de l’homme qui seraient en violation avec la loi, soit aussi la somme d’une volonté diabolique de nuire à l’homme qui deviendrait gênant aux yeux des autres acteurs comme d’autres syndicalistes frappés par le manque de crédibilité aux yeux des employés.

Toujours est-il que la situation devient critique et la Guinée risque gros ainsi que les populations qui, sans cesse de l’amélioration des besoins à la base, ce qui est une évidence humaine, profitaient pleinement du boum économique crée par la présence de ce projet de bauxite depuis 2015.

Le Consortium, les employés (les populations) et l’Etat, qui perdraient si le projet s’arrêtait là ?

L’industrie extractive est une chaine à laquelle chaque acteur détient la clé de survie du processus. En rappel, le Consortium SMB Winning UMS faisait objet de plusieurs critiques notamment sur le domaine environnemental et social. Cependant, il a été l’acteur principal du classement de la Guinée au 3er rang des plus grands producteurs au monde. Avec environ 7 500 travailleurs, ce projet avec son modèle industriel innovent est aussi acteur principal et contributeur numéro un dans l’économie du pays avec en 2017, environ 400 millions de dollars US injectés dans les finances du pays.

On ne peut donc pas admettre le syndrome de Fria dans la ville de Boké !

Le Signal est au rouge, des expatriés du consortium sont en remobilisation selon des indiscrétions, la fin du projet est loin d’être une utopie si référence est faite à Zogota, Fria et Forécariah. Dans ces préfectures, les populations traversent les pires moments de l’histoire et parfois, ce sont des syndicalistes à l’origine de la crise et le chaos.

Bien que qualifiée d’enlèvement, le Président de la République pourrait bien revenir à la charge afin de sauver les emplois et la richesse partagée que suscite ce consortium dont il a longuement participé à la promotion aux yeux des populations. Autrement, plusieurs entreprises pourraient en tirer des leçons et une région retombée dans l’anonymat.

Abdoulaye Kéita

Le directeur de publication de L’Indépendant-Le Démocrate, Mamadou Dian Baldé a consacré sa chronique de ce  dimanche à la nouvelle poussée de fièvre politique, suite au retrait de l’opposition républicaine du comité de suivi de l’accord du 12 octobre 2016. Ce qui marque de facto la rupture de la trêve entre le pouvoir et l’opposition. Cette chronique vous est  servie tous les dimanches sur City fm, en avant-première de l’émission « A vous de convaincre ».  

Le directeur de publication de L’Indépendant-Le Démocrate, Mamadou Dian Baldé a consacré sa chronique de ce  dimanche, au travail de bénédictin qui semble entourer la formation du futur gouvernement. L’épreuve pourrait ressembler selon lui, à une partie de billards à trois bandes. La fin de la trêve qui se profile aussi, suite à la menace proférée par l’opposition républicaine a retenu l’attention de notre éditorialiste.

 

Cette chronique est servie tous les dimanches sur City fm, en avant-première de l’émission « A vous de convaincre ».  

 

Talibé Barry: Bonjour Mamadou Dian Baldé. Vous portez ce dimanche votre regard sur le fameux remaniement annoncé par le chef de l’État, dans  une chronique intitulée « Remaniement ministériel ou le billard à trois bandes d'Alpha ». Dites-nous, de quoi ça retourne ?

 Mamadou Dian Baldé : Le président de la République continue de jouer l'Arlésienne sur le remaniement ministériel. L'opinion elle, commence par se lasser de ces belles promesses. Quand on sait qu'au niveau de l'administration publique, c'est juste le service minimum qui est assuré, depuis maintenant plusieurs semaines. L'équipe de Mamady Youla ayant en effet vu sa marge de manœuvre réduite par le chef de l'État.

Pour le moment le suspense perdure. Et l'attention des Guinéens reste suspendue aux lèvres du président Alpha Condé. Qui pour sa part, a bien l'air de laisser mitonner cette affaire de remaniement. Histoire de miser sans doute sur un Premier ministre, certes technocrate, mais tacticien, en vue d'assurer ses arrières, dans la perspective de 2020. Date qui marquera la fin de son parcours, après deux mandats, qui ont marqués par une politique au fil de l'eau.

Dans le choix du nouveau gouvernement, le président de la République devra aussi intégrer le volet des élections législatives, qui se profilent à l'horizon. Un scrutin dont l'issue sera capitale  pour l’avenir de son parti, qui a besoin de reprendre des couleurs, après la gifle reçue lors des communales. C'est donc la stratégie du billard à trois bandes, que le président tentera d'adopter dans l'espoir de garder la main, jusqu'à la fin de son second mandat. 

Le Premier ministre sortant, qui a le vague à l'âme, n'a pas eu les coudées franches, depuis sa nomination en février 2016. Tout comme son prédécesseur, Mohamed Saïd Fofana. Il faut le reconnaître, car avec l’hyper présidence d’Alpha Condé, le rôle du Premier ministre ne se limite qu’à inaugurer les chrysanthèmes. Il n'y a toutefois pas à plaindre leur sort, puisqu'ils arrivent à s'y complaire. Et à profiter d'une rente de situation. 

Car la primature c’est aussi une affaire de gros sous, avec une  « caisse noire » de 25 milliards de francs guinéens, par an, dit-on. Sous Mohamed Saïd Fofana, on était à 19 milliards de francs guinéens.

Sidya dans une entreprise de démolition

Le leader de l’Ufr M. Sidya Touré est sorti du bois pour brocarder l’entourage du président de la République. Il y va sans  prendre pas de gants contre les fossoyeurs de notre économie, qui jouent les prudes. Pour vous cela ressemble plutôt à une entreprise de démolition…

Les saillies du président de l'Union des forces républicaines (UFR), Sidya Touré, contre le cercle des proches du palais Sekhoutoureya ressemble à s'y méprendre, à une entreprise de démolition. Sidya Touré s'est en effet, engouffré dans la brèche ouverte récemment par Alpha Condé, quand ce dernier a accusé ses ministres de s'en mettre plein les poches.

En jetant un gros pavé dans la marre de l'entourage du président, qu'il a flingué. Comme il fallait s'y attendre, le Haut représentant du chef de l'État n'est pas allé de main morte, dans ses tirs. Pour Sidya Touré au lieu de faire porter un costume trop grand à Mamady Youla, le président devrait plutôt « balayer » devant sa citadelle, où se sont incrustés d'après lui des ''faux docteurs'', dont la mission consisterait  simplement à siphonner nos ressources. A travers des clauses léonines, passées notamment dans le secteur minier.

Le leader de l'Ufr a mis sa sortie à profit pour proposer ses services au président. Assurant au passage, qu'il ne fera pas de quartier, dans la croisade contre la corruption.

Pour maints observateurs, ces attaques de Sidya Touré ressemblent à de la haine recuite, ayant   pour seul but de savonner la planche à Kassory Fofana, leader du parti Guinée pour Tous (Gpt). Vu que le ministre d'État à la présidence chargé de l'investissement et des partenariats public-privé, ne cache plus ses ambitions de diriger le palais de la colombe.

D'ailleurs, pour s'attirer les faveurs du chef de l'État, Dr Kassory Fofana, l’un  des impétrants, fait déjà de la retape. Lui au moins à jeter le masque, contrairement aux autres prétendants. Son slogan de campagne est axé sur la lutte contre la corruption.

Mais pour bien des gens, Kassory  fut l’argentier de notre pays, à une époque où la reddition des comptes était le cadet des soucis du gouvernement. Comment alors  comprendre que celui-ci vienne jouer aujourd’hui les saintes nitouches…C’est la pelle qui se moque du fourgon.

C'est le lieu de noter que dans la perspective de la nomination du futur gouvernement, les couteaux sont tirés. Dans cette bataille des strapontins qui bat son plein, tous les coups sont permis, y compris les plus solides. 

L'opposition sonne la fin de l'armistice

 

Talibé Barry : L’opposition commence  à perdre patience, vu que les choses trainent au niveau du comité de suivi, surtout dans le traitement du contentieux électoral. Vous y voit déjà la fin de la trêve, si des mesures fortes ne sont prises au niveau notamment de l’exécutif ?

C’est l'opposition républicaine qui a annoncé son intention de se retirer sur l'Aventin. En effet, faute de résultats escomptés, le chef de file de l'opposition Cellou Dalein Diallo et ses pairs veulent mettre fin à la trêve. Car selon eux, le comité de suivi de l'Accord inter guinéen, chargé de vider le contentieux électoral, marque le pas.

« Nous n'avons pas constaté une réelle volonté de trouver une solution rapide au contentieux électoral. C'est pourquoi, nous demandons à nos militants de rester mobilisés », peste Alhousseini Makanera, porte-parole de l'opposition républicaine.

Cette dernière  déplore dans la foulée, le fait que la loi sur la refonte de la Ceni ne soit toujours pas parvenue à la table de l'assemblée nationale. Alors que la session des lois a démarré le 5 avril. À ces griefs, elle ajoute l'apurement du fichier électoral, avant les prochaines législatives. À ce niveau il y a problème, puisque la Ceni dit que l'opération pourrait s’étendre dans la  durée. Ce qui risquerait de compromettre la tenue des législatives, à bonne date. Pour ne pas donc continuer à jouer les potiches au sein de ce comité de suivi, les opposants trouvent qu'il est temps de mettre un terme à l'armistice, auquel on est parvenu, suite à la rencontre entre Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo, le 2 avril.

Cette annonce a fait frémir la majorité présidentielle, où l'on soupçonne l'opposition de vouloir tailler les croupières à l'exécutif. Après le lancement en grande pompe des travaux de la reconstruction de la route Coyah-Dabola, jeudi. Chantier dont le coût est estimé à 357 millions d'euros, financés en partie grâce à la coopération chinoise. Avec une contribution du budget national de développement (BND) de 15%.

À propos du contentieux électoral, il faut noter que c'est la bouteille à l'encre. Comme l'a reconnu le président du Cnoscg, Dr Dansa Kourouma, le comité de suivi n'a pas ''la compétence de modifier les résultats'' proclamés par la Ceni.

En pareil cas donc, seule une solution politique pourrait nous sortir de cette impasse. Il revient donc au chef de l'État de trouver un compromis acceptable, en guise de formule magique. 

Le directeur de publication de L’Indépendant-Le Démocrate, Mamadou Dian Baldé a consacré sa chronique de ce  dimanche, à la trêve bienvenue, à laquelle le pouvoir et l’opposition sont parvenus, à la faveur de la récente rencontre entre les deux personnalités. Le coup de sabot administré  par le  Président de l’Assemblée nationale, Claude Kory Koundiano, à l’opposition, n’échappe pas non plus à l’attention de notre éditorialiste, qui en fait mention dans ses petits papiers.

Le directeur de publication de L’Indépendant-Le Démocrate, Mamadou Dian Baldé a consacré sa chronique de ce  dimanche, à la mise en examen de l’homme d’affaires français Vincent Bolloré pour des faits de « corruption ». Avec la prudence affichée par nos politiques, dans la curée anti-Bolloré. L’interpellation de Mohamed Touré, leader du PDG-RDA, a été aussi passée au crible dans cette chronique. Chronique qui vous est servie tous les dimanches sur City fm, en avant-première de l’émission « A vous de convaincre ».

 Talibé Barry: Mamadou Dian Baldé, votre chronique d’aujourd’hui est intitulée ‘’curée anti-Bolloré, la classe politique joue la prudence’’. L’affaire Bolloré est justement un cas épineux. En quoi est-ce que la classe politique joue-t-elle la prudence dans cette affaire ? 

Mamadou Dian Baldé : On voit que la  classe politique guinéenne se garde de prendre part à la curée anti-Bolloré, après la mise en examen de l’homme d’affaires français, par la justice de son pays, pour ‘’corruption d’agent public étranger’’, ‘’complicité d’abus de confiance’’ et ‘’faux et usage de faux’’. Craignant sans doute de se mettre à dos le patron de l’empire Bolloré, qui est un dur à cuire. Dont l’influence s’étend au-delà du monde des affaires sur le continent.

N’est-il pas d’ailleurs rattrapé par ses accointances avec les chefs d’État guinéen et togolais ! Selon les enquêteurs, Faure Gnassingbé et Alpha Condé auraient ‘’bénéficié des conseils en communication de l’agence Havas, filiale du groupe Bolloré, alors qu’ils se présentaient à la présidentielle en 2010’’. Des prestations ‘’sous facturées’’ dont la note a été réglée par l’entreprise SDV, devenue depuis 2015 Bolloré Logistics.

En clair, on soupçonne Vincent Bolloré d’avoir favorisé l’élection des présidents togolais et guinéen. Ce que le milliardaire dément, d’après nos confrères du journal le Monde.

L’opposition guinéenne qui est prompte à jouer les profondeurs anti-corruption, en pareils cas, fait preuve de prudence dans ce dossier. De peur certainement de se frotter à M. Bolloré et de s’y piquer. Quand on sait que l’industriel breton a la réputation de ne pas faire dans la demi-mesure, dans tout ce qu’il entreprend.

Vincent fait même ‘’peur aux journalistes’’.

On se souvient encore de son bras de fer judiciaire avec France 2, qu’il avait attaqué en diffamation, après la diffusion de l’émission ‘’complément d’enquête’’, qui levait un coin du voile sur ses affaires africaines.

À Conakry, ceux qui se hasardent à commenter cette affaire, le font à mots couverts. C’est le cas du chef de file de l’opposition. Cellou Dalein Diallo a, dans un entretien accordé à RFI, déclaré que « M. Alpha Condé avait assuré, en disant que c’est son ami et qu’il préférait ses amis. Parlant de l’attribution de la convention portuaire au groupe Bolloré, au détriment de Getma International. Mais, malheureusement, c’est la même pratique qui continue, maintenant qu’il est au pouvoir, avec l’octroi des grands marchés à ses amis. Il n’y a jamais eu d’appel d’offres », déplore l’opposant.

Dr Ousmane Kaba, leader du parti PADES qui, au moment des faits, faisait partie du cercle des intimes du président guinéen  en 2011, et qui a viré depuis, dans l’opposition, lui, invoque le principe de présomption d’innocence.

Pour cet ancien fonctionnaire du FMI, il revient à la justice française de faire la lumière sur cette affaire.

Dr Fodé Oussou Fofana, une autre tête d’affiche de l’opposition guinéenne, président des Libéraux Démocrates à l’assemblée nationale, exige pour sa part une enquête parlementaire sur cet épineux dossier.

Même s’il faut s’attendre à ce que la procédure qui s’ouvrirait au niveau du parlement, finisse par faire flop. Vu le surnombre des députés de la majorité présidentielle, dont l’obséquiosité à l’endroit du pouvoir exécutif est sans commune mesure.

En attendant de connaître l’épilogue de ce feuilleton judiciaire, la classe politique guinéenne se garde de prendre part à la curée anti-Bolloré. Une prudence qui frise la pusillanimité.

Seule la presse privée en fait les gorges chaudes. C’est dire que vis-à-vis des puissants du Nord, nos politiques souffrent encore du complexe du Kangourou.

L’Art de cacher la poussière sous le tapis

Justement, vous avez sculpté les réactions du gouvernement. D’abord, on a entendu le ministre porte-parole du gouvernement, M. Albert Damantang, ensuite le ministre de la Justice Me Cheick Sako s’exprimer et promettre que la justice guinéenne allait coopérer à la manifestation de la vérité dans ce dossier. Et pour vous, cela n’est qu’une  volonté  de dissimuler ou de cacher la poussière sous le tapis? 

Après avoir voulu faire le dos rond face à la mise en examen de Vincent Bolloré, le gouvernement guinéen s’est dit disposé finalement à coopérer avec la justice française, dans le cadre des enquêtes, qui mettent en cause l’industriel pour des faits de corruption. C’est le ministre de la Justice, Me Cheikh Sako qui a fait cette annonce, mercredi. Après que ce dernier ait été interpellé par la presse. Les autorités de Conakry qui sont promptes à grimper aux rideaux, à la moindre critique, ont dans la foulée, pris les devants, pour « blanchir » Alpha Condé et jeter l’opprobre sur Getma international.

L’entreprise dont la convention fut résiliée au profit du groupe Bolloré, après l’élection du président Alpha Condé.

À la manœuvre, on a vu une commission dite d’enquête administrative, constituée à la va vite. Et dont la composition pourrait nous amener à prendre avec des pincettes, ses conclusions.

C’est le ministre conseiller du président de la République, chargé des relations avec les institutions, Mohamed Lamine Fofana qui préside la dite commission. Le staff est composé de l’ancien agent judiciaire de l’État, Me Alfred Mathos, ainsi que de l’ancien directeur général adjoint du port autonome de Conakry, Sory Camara et d’Alpha Ibrahima Keira, ancien hiérarque du système Conté, et ministre conseiller à la présidence de la République. Tous ont été coptés pour éteindre l’incendie.

Face à la presse jeudi, cette opération déminage  lancée par le   gouvernement avait pour but de se dédouaner, tout en lançant une bouée de secours à Vincent Bolloré. Cela s’appelle faire d’une pierre deux coups.

Avec ce pouvoir, qui est sur la défensive, il ne faut pas s’attendre à de la transparence, dans les contrats passés avec les entreprises proches du palais. Tout se gère selon le bon vouloir du prince qui serait un vrai control freak.

Devant  ce que certains observateurs qualifient déjà de « cataclysme », parlant de  l’affaire Bolloré, le pouvoir essaie comme à son habitude de cacher la poussière sous le tapis. Mais le peuple n’est pas dupe.

Poursuivi par la justice américaine, l’avenir en pointillé de Mohamed Touré

Et de l’affaire Bolloré, vous nous transportez dans une autre affaire, celle concernant le fils du premier président de la Guinée indépendante Sékou Touré, Mohamed Touré, secrétaire général du PDG-RDA, et qui aujourd’hui, est poursuivi par la justice américaine. Et vous titrez, ‘’poursuivi par la justice américaine, l’avenir en pointillé de Mohamed Touré’’ 

D’un scandale à l’autre. Sauf que cette fois, il s’agit d’un fait divers sordide, impliquant le secrétaire général du Pdg-Rda, Mohamed Touré. Le mis en cause n’est pas n’importe qui. Il s’agit  de  l’héritier du président Sékou Touré, pour être plus précis. Les faits reprochés à Mohamed Touré et son épouse sont assez graves, pour ne pas dire hallucinants.

En effet, le couple est accusé de traite de personne, et inculpé pour « travaux forcés », par la justice texane. Leur victime est une adolescente de 16 ans. Cette dernière fut  adoptée à l’âge de 5 ans par cette famille, à partir de la  Guinée où elle vivait avec ses parents. Elle aura passé, selon les enquêteurs américains chargés de ce dossier, 11 ans dans la résidence du couple, à exercer des tâches domestiques. Et à subir des abus propres aux maîtres de maison oppressifs et cruels.

L’affaire est très grave, puisqu’en cas de condamnation, les Touré pourraient connaître une longue période de privation de liberté. La peine encourue en pareil cas serait de 20 ans, selon le code pénal de cet état dont les juges ont la réputation d’avoir la main lourde.

Avec l’épouvantail de la justice qui plane au-dessus de sa tête, le secrétaire général du Pdg-Rda, doit avoir du mouron à se faire. Car son avenir politique est désormais en pointillé. Et ça serait dommage, pour cet homme qui n’a que 57 ans de se retrouver derrière les barreaux, pendant au moins deux décennies.

Le directeur de publication de L’Indépendant-Le Démocrate, Mamadou Dian Baldé a consacré sa chronique de ce  dimanche, au spectre du réajustement des prix des produits pétroliers à la pompe et au rabotage de la subvention accordée par l’état à l’EDG, qui plane sur le contribuable guinéen. Il conclut sur le retard à l’allumage constaté dans la nomination du nouveau gouvernement et ses conséquences sur le moral de l’équipe de Mamady Youla. Cette chronique est servie tous les dimanches sur City fm, en avant-première de l’émission « A vous de convaincre ».  

 Comme le dit François Bernard Huygue, la société civile est « dans l’air du temps ». Le politologue la qualifie d’entité où s’exprime « toute la vitalité de la vie sociale, basée sur la libre volonté des tous hors de tout rapport d’autorité ou d’intérêt privé ». Mais retenons surtout que cette société civile « concrétise une forme d’action pragmatique, efficace, (…) plus représentative des intérêts et idéaux des gouvernants ». L’actualité de notre pays confirme cette vision de l’action de la société civile.

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