Charles André Soumah, le directeur adjoint du département de la communication de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) sort de son silence. Dans cet entretien accordé à notre rédaction, il revient sur la genèse de la crise au sein de la Ceni. M. Soumah explique également la possibilité d'organiser les élections locales si les préalables sont remplis. Lisez l'entretien!

Depuis quelques mois la CENI traverse une crise. Qu’est-ce qu’est à l’origine de cette crise? où est-ce qu’on en est aujourd’hui ?

Je voudrais vous dire avant d’entrer dans le vif du sujet, moi personnellement en tant que membre de la CENI, commissaire et directeur adjoint de la Communication, j’étais le premier à avoir constaté ses disfonctionnements. J’avais fait une première pétition mais mes collègues m’ont temporisé. Et le mois de mars 2016, j’ai encore refait la même chose mais finalement comme ça bouillonnait, à l’intérieur de la CINI et à l’extérieur parce qu’on était traité de tout le nom d’oiseau, on s’est retrouvé, on n’a dit vraiment qu’il faudrait soigner le mal qui est au niveau de la CENI.

C’est comme ça que j’ai observé l’esprit de rétention. Aujourd’hui, c’est un autre commissaire ou quelques commissaires qui ont fait le même constat. Nous voulons bien que ça marche à la CENI, parce que la CENI est une institution sensible. Elle n’est pas comme les autres institutions. Si la CENI organise mal les élections, c’est véritablement le feu qu’on met à la poudre.

En termes clairs, quels sont les problèmes qui assaillent la CENI aujourd’hui ?

C’est un problème de gouvernance interne à la CENI. Cette mal gouvernance, c’est au niveau du président de la CENI (Bakary Fofana, ndlr). Quand une seule personne manipule une institution à sa guise, cela laisse vraiment à désirer. Mais ce n’est pas le seul. Il y a les membres du bureau exécutif. Donc si le bureau exécutif se met à sa dévotion, je pense ce sera le pire qu’on ne souhaite pas du tout.

Vous avez tenu ce mardi 2 mai 2017 une plénière pour laver les linges sales en famille et puis examiner cette pétition qui avait été rédigée. A quoi cela a-t-il abouti?

Pratiquement, il y a quelques commissaires qui n’étaient pas informés. D’autres étaient en voyage ou empêchés. Donc, ils n’ont pas reçu ce document de pétition. On a demandé à ce que ceux-là qui n’étaient pas présents à l’avant-dernière plénière puissent s’approprier de cette pétition, l’examiner et qu’on puisse repousser la prochaine plénière à jeudi. Nous allons revoir les questions  soulevées dans cette pétition. Si l'assemblée décide parce que c’est l'assemblée plénière qui décide à ce qu’on puisse faire recours à l’article 17, il s’agira soit de remplacer partiellement ou totalement le bureau  exécutif.

Quelles sont les questions qui sont soulevées dans cette pétition ?

Vous savez, on initie une rencontre à Kindia. C’était un atelier de capitalisation parce qu'après avoir organisé les élections, il faut qu’il fasse un atelier pour voir ce qui a marché ou ce qui n’a pas marché. Lorsqu’on s’est retrouvé à Kindia, on a d’abord envisagé de se retrouver nous les 25 commissaires, discuter de ce qui ne va pas dans la gestion et des ressources humaines et de ressources financières. Tous les commissaires ont exprimé leurs mécontentements par rapport à la gouvernance de la CENI  par M. Bakary Fofana.

Vous vous souvenez, il y avait un vice-président, Ibrahima Kalil Keita qui avait souvent protesté contre la méthode de gestion de M. Bakary. Tout le monde a parlé, quand les commissaires ont fini de parler, on lui a demandé de donner son avis. Il a dit qu’il ne se reproche de rien. Là, nous, on était complètement scandalisé. Quand le premier chef d’une institution dit qu’il ne se reproche de rien avec tout ce qu’on a eu à soulever comme anomalies.

Nous voudrions que vous nous expliquiez les reproches  que vous faites à Bakary Fofana  parce qu'en même temps,  il fait des reproches au pouvoir, en disant qu’il n’a pas les moyens de sa politique. Il y en a qui disent que c’est parce que les salaires ont retardé à la CENI que ça crie. Lui aussi, il fait prévaloir une chose. Il a fait un projet de budget qu’il n’a pas obtenu donc il ne peut rien faire.                       

Bien avant cette affaire de budget électoral, je pense bien qu’il y avait beaucoup de citoyens et beaucoup d’acteurs politiques ou bien des acteurs du processus électoral qui avaient crié sur tous les toits que la CENI ça ne fonctionnait pas bien. Je ne sais pas si vous vous souvenez de cela ?

Mais à l’époque, on n’était pas monté au créneau. Pourquoi c’est maintenant ?

Le moment n’était pas venu. Maintenant que le moment est venu, on vient greffer cette affaire de budget électoral. Attention ! Il y a le problème de budget électoral. Il y a également les questions de gestion des fonds alloués à la CENI.

Y a-t-il eu détournement de fonds ? Qu’est ce qui s’est passé ?

Je ne peux pas vous le dire parce que je ne suis pas associé. Ça, c’est l’un des disfonctionnements. Je ne suis pas associé à cette gestion financière de la CENI. Bakary Fofana est l’ordonnateur, il y a un staff, il y a un trésorier, un membre du bureau. Quand on demande au trésorier, il dit, je suis un trésorier sans trésor. Alors moi en tant que gestionnaire du département communication, si on ne me donne pas l’information dans le domaine financier, qu’est –ce que je peux vous dire ?

Moi je pense que la mal gouvernance, c’est au niveau des ressources humaines. Imaginez-vous qu’il y a une disparité entre les traitements de salaires des assistants techniques. Tu peux voir un chef de servie qui, dont le salaire avoisine deux millions, tu peux voir un chef de servie dont le salaire avoisine 8 millions ou  7 millions de francs guinéens.

Pourquoi ça?  

Non ! Ils peuvent avoir les mêmes diplômes mais ne pas peut être avoir les mêmes expériences. Moi, je fais le constat. Je suis de toute façon avant d’être le commissaire, journaliste d’investigation. Donc, j’ai constaté pendant cinq ans, pendant cinq ans j’observais le fonctionnement de cette CENI. Et je suivais à la loupe les méthodes de gestion du président et des membres du bureau exécutif.

Ce que je vous dis, en âme et conscience, je ne peux dire que la vérité. Il y a un disfonctionnement dans le traitement salarial. Il y a un disfonctionnement dans les choix des commissaires pour des missions à l’extérieur. Souvent, on retrouve les mêmes commissaires. Mais comme nous,  on n’est pas prêt à cirer les bottes d’un chef d’une institution, nous nous travaillons d’une façon légale.

Si vous vous souvenez, notre arrivée à la CENI, j’ai été la première personne à être étiquetée par mon président d’alors. M. Fodé Mohamed Soumah parce qu’une fois un commissaire prête un serment, il doit carrément  couper le cordon ombilical avec sa structure d’origine. Donc, c’est que moi j’ai fait, pratiquement, je suis à la CENI. Je suis sous l’autorité de loi. Tout que je vous dirai vous pouvez vérifier. J’ai dit tout à l’heure, il y a une disparité dans le traitement des assistances techniques même dans les choix pour des formations, au niveau des commissaires,  ce sont les mêmes commissaires qui effectuent les voyages à l’extérieur. Tout ne se décide pas en plénière.

Pourquoi vous n’avez pas posé ces questions à Bakary Fofana?

Je vais vous dire ceci monsieur. Moi, personnellement y compris certains commissaires, on a posé ces problèmes à M. Bakary. Il nous a répondu que c’est dans ça discrétion. Voilà! Que peut-on faire de plus ? Moi j’ai pensé que c’est l’assemblée plénière qui doit déterminer le traitement de tout un chacun, et de ces conseillers et des ces assistances techniques qui travaillent avec nous. C’est le personnel d’appui. Ça été plusieurs fois posé. Le président n’a jamais pris de bonne oreille.                         

Expliquez-nous un peu la Loi 06?

Pour répondre à cette question, moi je dirai que, je n’ai jamais vu de ma vie qu’un président d’une institution  fasse un mutisme total  face aux informations surtout il est à la tête d’une information, c’est pour donner l’information la bonne aux acteurs du processus. Ce que vous dites, j’ai été ou j’ai été l’un des premiers à venir voir le président. J’ai dit M. le président essayez de communiquer. On dit souvent que la CENI ne communique pas. On ne s’intéresse pas au département de la Communication. Mais les acteurs du processus veulent votre communication à vous parce que ça peut donner du poids.  C’est ainsi, j’ai encore œuvré pour qu’on mette une porte-parole de la CENI, comme il ne veut pas communiquer. Nous avons trouvé une autre solution, c’est de mettre un porte-parole de la CENI.        

Que répondez-vous à ceux qui disent que vous avez savamment orchestré cette crise pour freiner la tenue des élections locales ?

Vous savez la CENI,  elle était prête depuis décembre 2016. Vous avez eu l’information. Donc ceux qui disent que c’est une crise savamment orchestrée ça n’engage qu’eux. Nous, nous ne sommes pas là pour retarder les élections. Vous connaissez déjà les acteurs du processus s’ils ne grincent pas le même violon cela se répercute sur la CENI. Vous connaissez les accords sur le point deux, il n'y a pas d’entente. Maintenant cette question, c’est au niveau de la cour constitutionnelle. Nous,  la CENI, nous sommes juste sous l’autorité de la loi. Le principe dit que l’OGE (de gestion des élections)  est là, nous sommes là pour organiser les élections.

Ça veut dire que si dans deux semaines, la cour constitutionnelle valide ce code électoral révisé, la CENI pourrait nous amener à des élections avant Juin 2017 ?

Vous savez, il y a des préalables. Nous sommes là dessus mais ces préalables là, il faut qu’il y ait des moyens financiers pour pouvoir le faire. Tout dépendra quand nous allons recevoir le budget. Je crois que nous allons aussi entamer les préparatifs de ces élections.

Est-ce qu'aujourd’hui on peut dire avec ces problèmes qui assaillent la CENI, les élections locales sont compromises ?

 Pas du tout !

En quoi selon vous, le président de la CENI constituerait-il le véritable problème de cette institution ?

Le président de la CENI, il a vraiment une expérience avérée mais c’est un problème de management. C'est-à-dire, il faut savoir bien gérer les commissaires que ce soit en ressources humaines ou  en ressources financières.

Synthèse d’Alpha Amadou Diallo                   

 

 

Mamadou Aliou Barry est revenu dans cette interview sur la volonté de tripatouiller la constitution pour un troisième mandat pour Alpha Condé. Il évoque aussi le cas Toumba Diakité. (suite et fin de l'interview)

Selon vous à quoi peut-on s’attendre ?

Je comprends qu’en Guinée,  les gens sont préoccupés par le quotidien. Les gens n’ont pas le temps pour la réflexion. Quand le Président de la République dit à Singapour en Malaisie ailleurs il y a pas de limitation, mais est-ce qu’il a lu ces constitutions ? A Singapour, le président est élu pour 6 ans.

Deuxièmement, il a prêté serment sur une constitution. Je suis étonné du silence de la Cour Constitutionnelle. C’est-à-dire que le président de la Cour Constitutionnelle était là devant le président de la république où le Président de la République a juré sur cette constitution de respecter l’esprit et la lettre. On n’entend pas la cour constitutionnelle.

Récemment, M. Sall est sorti pour dire qu’il ne sera pas question qu’on tripatouille la constitution pendant son magistère.

Et c’est le troisième match sur lequel où tout en étant d’accord avec le président de la république pour dire coupons le cordon ombilical avec la métropole, tout étant d’accord sur ça, il y a un désaccord que j’ai avec lui où il n'y a pas d’adéquation entre sa parole et ses actes, c’est sur la constitution. Toutes les constitutions des pays d’Afrique francophone, c’est la copie conforme de la constitution française. Je pense ici me souvenir que vous aviez invité ici le sociologue Barry Bano qui, avait dit que c’est une réunion des copains et des coquins qui ont rédigé une constitution.

Qu’est ce que les gens qui ont fait au temps du CNT, ils sont partis voir au Bénin, au Sénégal, en France mais tout ça, c’est une copie conforme pratiquement avec quelques petits aménagements de la constitution Française. Dans un pays où on a le culte de la personnalité, le culte du chef où on sort de 26 ans de dictature de Sékou Touré, on fait une constitution où on donne tout le pouvoir au président de la République et on se donne que le président de la République ne s’accroche pas même moi, si on me met à la tête de ce pays dans cette constitution, je vais demander 4 à 5 à 6 mandats parce que j’ai le pouvoir absolu.

Là, la contradiction du président, il fallait qu’il refuse cette constitution avant de prêter serment pour revenir dire, je préfère un troisième mandat. Mais à mon avis, c’est aussi ma lecture personnelle, il a fait ces sorties pour occuper les Guinéens. C'est-à-dire en ce temps les gens ne l’emmerdent pas. La deuxième chose que je veux dire, si le président souhaite c'est-à-dire s’engage dans cette voie, d’abord le pays est fragile. Je peux vous dire que c’est fini pour la cohésion sociale, c’est une crise totale en Guinée. Je pense qu’il doit s’inspirer même de ce qui s’est passée chez son ami Blaise Compaoré. D’abord, il a le problème de l’âge ça c’est complètement physiologique. Si vous regardez aujourd’hui le président de la république ,c’est normal moi-même à 73 ans à 80 ans, je ne serai pas comme je suis.

Le Pouvoir use parce que les gens ne dorment pas. Regardez Obama depuis qu’il est sorti de la maison blanche, il est redevenu jeune, regardez Hollande depuis qu’il n’est plus candidat, il a bonne mine. Regardez le président aujourd’hui surtout depuis comme la Guinée où toute petite dispute lui remonte, même le divorce ou une petite dispute matrimoniale lui remonte, les problèmes du quartier lui sont remontés. Il ne dort pas, il voyage. Il a 82 ans. Il dit qu’en 2020, il aura peut être 87 ans.  Comment il peut imaginer physiquement ou physiologiquement de faire un troisième mandat ?

 Parlons du dossier 28 septembre. Le président Alpha Condé a déclaré que certains sont accusés à tort dans le dossier du massacre du 28 septembre. Qu’en dites-vous ?

Moi, c’est la déclaration que m’a beaucoup plus inquiété. Le dossier du 28 Septembre comme vous venez de le rappeler, l’observatoire venait d’être créé. Le jour ou Benn Jawi allait au Camp Alpha Yaya pour auditionner Dadis, moi j’étais dans la voiture d’ailleurs. C’est  à son retour qu’il m’a dit, il faut quitter le pays. Moi quand on a tiré sur Dadis, j’étais à Ouaga. J’ai quitté la Guinée sur les conseils de Benn. Le dossier du 28 septembre est un dossier complexe à mon avis et ça, ça n’engage que moi. Je pense que le ministre de la Justice a une volonté réelle pour organiser ce procès.

 Je ne pense pas que la Guinée peut organiser ce procès. D’abord pour des raisons des matériels, on ne  peut organiser ce procès, c’est un procès lourd. C’est un procès de crimes contre l’humanité. Vous avez vu le procès sur Housseine Habré (ancien président tchadien), il a fallu des mois, des années pour préparer le Sénégal. Et on a fait des cours africaines extraordinaires. Moi, j’ai toujours plaidé depuis l’époque de la commission internationale, j’ai toujours plaidé pour un tribunal spécial pour ce procès donc avec un mélange des juges guinéens et des juges africains, à la limite, c’est délocalisé de Conakry.

Je pense que ce procès ne doit pas se tenir à Conakry. Ça doit être à l’intérieur du pays mais avec les aménagements qu' il faut construire. Ce qui est inquiétant ,c’est pour la stabilité du pays. Ça, c’est le géopolitologue qui parle, on est dans un régime fragile. La preuve, aujourd’hui, vous avez Toumba qui est en prison. Les gens qui sont nommément mis en examen, c'est-à-dire ce n’est même pas quelque chose de secret leur nom figure sur le rapport de la commission, ils ont été inculpés par le juge. Donc on ne peut pas en même temps mettre Toumba en prison et laisser les autres dans leurs postes de responsabilité.

Je prends un exemple très simple. On ne peut pas laisser par exemple Thiégoro, ministre, alors qu’il est cité, il a été inculpé. Le ministre de la Justice doit demander à ce que ces gens là soient mis en congé de leurs fonctions. Deuxième point,  il y a d’autres qui sont cités. Je donne un exemple ici M. Isto kéira est nommément cité dans le rapport de la commission Internationale pour avoir nettoyé le stade. Comme voulez faire une justice cohérente quand il y a des acteurs qui occupent les postes. C’est quand même difficile de travailler avec des gens qui ont des responsabilités. Ce que les victimes demandent, ce que les activistes de droit de l’homme demandent,  c’est quand  même que ces gens-là soient mis en congé de leur fonction jusqu’à ce qu’il y ait le procès.

Maintenant, quand le président de la République dit des gens qui sont nommés ne sont pas coupables sur quoi il se base ? Le Ministre de la Justice doit monter au créneau pour rééquilibrer les choses parce qu’il faut toujours dans le bon sens ses interventions. Il a le souci d’organiser ce procès, mais les déclarations du président n’arrangent rien. Là aussi la cour constitutionnelle doit monter au créneau pour rappeler au président de la République, la séparation de pouvoirs.

Synthèse d'Alpha Amadou Diallo                            

 

Mamadou Aliou Barry est un activiste des droits de l'homme. Dans un entretien accordé à notre rédaction, il revient sur la sortie médiatique de Elhadj Sékhouna Soumah, à l'occasion de sa visite à la coordination mandingue.  Le président de l’Observatoire de la démocratie et de droit de l’homme (ONDH),  géo politologue et spécialiste des questions de défense et de sécurité en Afrique, a également évoqué la question Toumba Diakité. Interview

Comment analysez-vous cette sortie d’Elhadj Sékhouna, le Kountigui de la Basse Côte?

Cette sortie ne m’étonne pas connaissant un peu le pays. Il faut se promener pendant des années   en Guinée pour trouver une personne sage. C’est quand même extraordinaire, une personne qui se réclame d’une telle sagesse qui est d’un tel âge qui fait une telle sortie, moi ce qui me surprend, c’est le silence des organisations de droit de l’homme.  Je crois que ce monsieur  (Elhadj Sékhouna) a des problèmes soit des problèmes mentaux ou encore je ne sais pas en tout cas. Il a des soucis de santé. Je crois qu’il doit consulter un médecin. Parce que quelqu’un qui se réclame d’une telle sagesse de représenter une région toute entière, faire une sortie de telle sorte, je pense que vraiment, c’est quand même extraordinaire. C’est en Guinée seulement qu’on peut voir ça.

Est-ce qu’aussi, ce n’est la faute aux autorités? 

Mais dans un pays où le citoyen ne croit pas à la justice où vous avez beaucoup des faits divers ou les citoyens eux-mêmes se rendent justice. Quand un tel Monsieur sort et dit il faut que les gens se rendent justice, je présume un parti politique, c’est écrit dans la constitution, la liberté de manifester. Donc, s’il y a une manifestation, d’abord, il joue sur deux tableaux. D'abord, il pousse les citoyens guinéens à se rendre justice. Il nage et baigne dans l’ethnocentrisme. c'est-à-dire, il considère que Conakry, c’est une ville de la Basse Guinée.

Je pense que,  jusqu’à la preuve  de contraire et on m’a toujours appris à l’école que, Conakry, c’est la capitale de la Guinée et la Guinée, c’est un pays ce n’est pas la Basse Guinée. Donc Elhadj Sékhouna, à mon avis, doit être, je ne sais pas. Je ne peux pas expliquer autrement cette sortie.

Quelle doit être la réaction des autorités par rapport à cette sortie ?

Alors, le ministre de la Justice doit monter au créneau pour rappeler à l’ordre. C’est un citoyen avant tout qu’il soit Kountigui ou je ne sais pas quoi ? Parce que dans ce pays, chacun est roi dans son fief. Le problème de la Guinée, c’est que tout est politique. C'est-à-dire chacun se lève le matin et se considère un acteur ou un leader politique. On a mélangé la sagesse, la tradition, la représentation régionale à la politique.

Depuis que suis en Guinée,  Elhadj Sékhouna navigue vers le courant politique au grès du vent. C'est-à-dire, il y a quelqu’un tant, il était pro Conté, il était un des fervents défenseurs du PUP. Il est parti à l’UFDG, il est venu au RPG. A mon avis, j’ai pitié même pour ses enfants ou ses petits enfants qui vont regarder ce Monsieur dans ses agissements. Je vois mal quel est le message de sagesse ou de l’éducation qu’il transmet à ses enfants.

Ce Monsieur devait rester au niveau ou l’aîné de la coordination de son village s’occuper les problèmes de son village au lieu de surgir comme ça dans l’arène politique avec une sortie catastrophique dans un pays fragile. Il devait participer à la cohésion sociale au lieu de s’embarquer dans des sorties qui vont plutôt fragiliser encore plus le tissu social.

Certains pensent qu’il est temps de voir comment ces coordinations fonctionnent, comment elles s’organisent pour éviter le malheur à la Guinée. Est-ce c'est votre avis?

Là, vous soulevez un problème, celui de l’organisation de l’administration guinéenne et celui de l’organisation de l’Etat. Exemple,  C’est comme exactement la ligue Islamique normalement on devait la supprimer. Dans la constitution guinéenne, c’est marqué,  c’est un Etat laïc. Donc, ces coordinations devaient être dans un rôle social, dans un rôle uniquement de préservation de tradition, de préservation de la cohésion sociale dans leurs zones respectives. Mais aujourd’hui, les coordinations jouent un rôle politique imminent  plus que même les partis politiques. Donc, il y a un mélange de genre mais tout ça là, c’est la faute de l’Etat qui n’a pas fixé les règles de création.

Aujourd’hui si vous allez au ministère de l’Administration et du Territoire, le nombre de coordinations, le nombre d’association régionales, le nombre d’association villageoises. Et toutes ces associations font de la politique. On n’a pas balisé réellement le rôle de ces coordinations. Une coordination n’a pas à vocation à parler de politique. Elle est là pour là promouvoir de la culture, la tradition, les coutumes de la région respective, mais aujourd’hui malheureusement, elle est  dans un contexte d’ethnocentrisme de fragilisation du pays.

Je pense que le président de la République a aussi joué sur ce terrain là, quand il a dit il faut nommer un premier ministre Soussou. Quand il faut nommer des cadres, il faut aller demander ou il y a l’appui. Tout le monde sait aujourd’hui en Guinée, certains font des forcings quand il y a un remaniement et tout. Depuis Sékou Touré jusqu’à maintenant, on a donné un rôle à ces coordinations là qu’elles ne devaient pas avoir.

Un mot sur cette recrudescence d’insécurité surtout le grand banditisme à l’intérieur du pays, on n’a vu à Télémilé ces grands bandits qui ont attaqué une boutique avec des armes que certains qualifient de très, très lourdes ?

Quand j’entends ça, j’ai vraiment froid au dos, et puis j’ai mal au cœur, parce que c’est l’exemple même de l’échec de la reforme du secteur du sécurité. En Guinée, les gens ont peur de le dire. , Aujourd’hui, après 6 ans de cette reforme, on s’aperçoit que c’est un échec total. Et là, je suis tout à fait en accord avec le Président de la république quand il pose le problème à Paris sur les accords de coopérations, il faut laisser aux Africains ça. Je l’ai écrit dans mon livre en 1997 sur la prévention des conflits en Afrique de l’Ouest. Malheureusement, il n’est pas en adéquation entre sa parole et ses actes.

Aujourd’hui cette reforme du secteur de sécurité a été porté par les Etats. Aujourd’hui, c’est un Canadien qui est à la présidence qui parle de reforme du secteur de sécurité qui ne connait pas grand chose sur les problèmes sécuritaires de la Guinée. On a aujourd’hui des gens comme le général Facinet Touré qui sont à l’origine de la création de l’armée guinéenne. On pouvait mettre une équipe au tour du général Facinet Touré qui connaît bien le secteur avec des officiers guinéens qui sont bien formés et réfléchir sur le problème de la sécurité en Guinée.

Mais qu’est ce qu’on a fait ? On a pris l’argent des Nations Unies, la RSS, elle n’a fonctionné nulle part en Afrique. Ça je mets n’importe qui au défi, de me dire dans quel pays d’Afrique une reforme du secteur de sécurité a fonctionné.

Et Pourquoi ça ne marche pas ?

Parce que c’est de schémas inventés à New-York ou à Washington et puis on vient les calquer dans ce pays  avec des experts étrangers qui ne connaissent rien. Le problème de la Guinée, c’est quoi ? C’est simple. La reforme doit poser une question très simple. Une armée pour quel format? Pour quelle finalité ? On a besoin de quel format de l’armée guinéenne et pour quelle finalité ? Ce qui se passe aujourd’hui à Télémilé, c’est l’exemple même de l’échec du système de sécurité en Guinée. Et on parle de politique de défense nationale. On envoie des experts pour réfléchir à la politique de défense nationale, mais le Président dit non, il faut que l’Afrique coupe le cordon ombilical.

Deuxième exemple, Tony Blair qui  était impliqué dans l’intervention de la Libye qui est venu s’expliquer devant le parlement anglais, ce Monsieur si la Justice Internationale fonctionnait il devait aller en prison. Mais qu’est-ce que ce Monsieur fait ? Il quitte le bureau du Premier ministre, il crée une ONG  fantôme qu’on appelle : African Gouvernance Initiative (AGI). Il vient proposer à la Guinée avec l’accord du Président des conseils sur la Gouvernance, mais quelle gouvernance il peut conseiller en Guinée ? Il y a des cadres valables dans ce pays. Donc si on dit, il faut couper le cordon ombilical, il faut commencer par les actes qu’on pose ici, je suis tout à fait d’accord avec le Président je l’ai écrit depuis longtemps qu’il faut réviser les accords de coopérations, qu’il faut supprimer les accords de défense avec l’ancienne puissance coloniale mais quand on regarde au tour de la présidence, sur le plan de la santé tout le monde voit l’arrivée de Bernard Kouchner à Conakry. Kouchner n’est pas Guinéen. C’est facile de dire, on coupe le cordon, mais encore faut il que lui-même, il mette en adéquation sa parole avec ses actes.

Les élections communales ?

Actuellement, je suis trop absent de la Guinée comme vous le constatez. Là, d’ailleurs je suis en mission en Guinée sur l’environnement et l’exploitation de la bauxite en même temps j’ai finalisé un ouvrage qui va sortir en cours d’année sur mon parcours personnel. C’est un livre qui sera dédié à la Jeunesse Africaine.

De l’extérieur, quand on voit le jeu politique en Guinée, les gens se marrent. Depuis 2010, on essaye d’organiser des élections en Guinée, alors un coup chez Way Mark, on n’est pas d’accord, un autre coup c’est le code électoral qui a disparu, c’est un jeu d’enfant où on ne se croirait pas franchement si ce n’était pas dans un pays comme la Guinée. On se dirait, c’est un film de science fiction.

Pour être plus sérieux, je pense que tous les acteurs politiques c'est-à-dire mouvance et opposition confondu, c’est ma lecture personnelle. Je pense qu’ils ne sont pas prêts pour les élections communales. Et je ne pense pas qu’il y aura des élections communales cette année en Guinée, pour des raisons très simples. Je m’explique : depuis en 2010, on part d’élection en élection. 2017, normalement les élections communales, si vous regardez le calendrier 2018 , les élections législatives. Il y a une des élections où des candidatures indépendantes sont autorisées ; c’est les élections communales. Imaginez aujourd’hui, la Guinée est traversée exactement comme ce qui se passe en France ou dans les autres pays. C’est le désenchantement,  c'est-à-dire le citoyen n’a plus confiance, c’est la perte de vitesse des partis classiques.

Aujourd’hui, en Guinée, quand vous discutez avec le citoyen, nombreux sont ceux qui disent qu’ils en ont marre de l’UFDG,  du RPG. Alors dans cette élection, il est autorisé des candidatures indépendantes. Imaginez un citoyen indépendant qui a de l’envergure, qui a de la poigne se présente à Ratoma qu’il gagne la Commune de Ratoma. Ça c’est ma lecture hein ! Ni le RPG ni l’UFDG ne sont favorables à des candidatures indépendantes quand vous les interrogez. Je ne dis pas publiquement ils vont vous le dire mais ils n’ont aucun intérêt d’ailleurs.

Pourquoi ?

Mais Imaginez si les indépendants propulsent à Ratoma ou à Matoto et que l’année prochaine, ils se présentent aux législatives et surtout en 2020. Et puis, c’est quelque chose de nouveau. Les gens disent il est indépendant, c’est quelqu’un de cohérent ainsi de suite. On assiste aujourd’hui comme tout ce qui se passe dans les autres pays. C’est la mort des partis classiques, là les gens sont fatigués.

Le deuxième point ; c’est de problèmes de ressources financières, est ce que la Guinée va passer son temps à organiser des communales. Donc cette année on ne fera rien. (Ndlr) On va passer jusqu’en 2018, vous êtes à 2 ans de la présidentielle et si vous rajoutez à cela le président de la république qui est un politicien très fin. Il a mis sur la table quelque chose qui préoccupe toute la population guinéenne et personne ne s’intéresse sur l’histoire du troisième mandat. Moi, je dis chapeau à Monsieur le président de la république parce que c’est vraiment un fin politique. (Lire la suite après)

 

Récemment, le président de la Ligue guinéenne de football professionnel, Antonio Souaré était l'invité de la radio privée Lynx FM. Il a évoqué plusieurs sujets avec les animateurs de cette émission notamment la CAN 2023, les préparatifs et la présidence de la FEGUIFOOT. Lisez!

On parlait de la CAN, dites-nous quels sont les critères qui ont prévalu pour le choix, pour composer les 11 Commissions de cette CAN ?

Si vous me posez cette question, je ne suis pas en mesure de vous répondre  parce que nous sommes dans un pays où il y a des observateurs, des intellectuels, des hommes de culture, des connaissances et je ne peux pas vous répondre parce que je ne suis pas le décisionnaire. Moi, je suis un homme privé.

 Je travaille. Mes sociétés sont privées et moi-même, je suis privé. En Fonction de ma profession d’ingénieur télécom, je travaille sur ce côté-là.

Les critères, d’autres personnes peuvent les répondre. Je pense à mon humble avis que ceux qui ont été choisis, c’est en fonction de leurs  parcours, de leurs passés. Ce qu’ils ont déjà fait, ce qu’ils sont capables de faire, c’est une marque de confiance. Vous n’allez pas tomber du ciel pour être pris comme ça. S’ils savent que vous ne pouvez rien faire, vous n’allez pas être choisis. Donc, c’est comme vous, c’est comme nous ! Quand il y a eu le choix, on se réjouit du choix, de la confiance placée en nous. Mais moi, je ne pourrai pas vous dire les critères.

L’un des gros problèmes en Guinée, c’est le problème de suivi et d’évaluation. Dans ce cas, l’organisation de la Coupe d’Afrique demande beaucoup de moyens.  Alors quelles sont les forces sur lesquelles vous allez vous appuyer pour faire en sorte qu’il y ait un suivi dans l’exécution des travaux qui vont prévaloir ?

Vous savez les projets, il faut donner aux professionnels, à ceux qui savent le faire et  qui ont le savoir-faire. Pour ce projet-là, dès mon premier jour, j’ai dit, moi,  j’ai eu l’avantage  de suivre des projets réalisés dans beaucoup de pays. J’ai été témoin de la réalisation dans beaucoup de pays, étant un membre  d’une commission importante de la Confédération Africaine de Football.

Donc, je vous dis que le football, c’est un vecteur de développement. Tous les secteurs, aucun secteur n’est épargné. Tous les secteurs sont intéressés. C’est un mouvement d’ensemble, nous devons partir d’un point A à un point B. C'est-à-dire les gens sont focalisés sur le stade. Mais ce n’est pas le stade qui organise la Coupe d’Afrique des Nations.

Vous avez les communications, les communications sont immenses. Il ne faut pas que  les gens pensent que c’est les téléphones. Non ! Il y’a les routes, il y a les chemins de fer, la voie aérienne, il y a aussi la voie maritime.

 Ensuite quand vous transportez les gens, il faut les héberger. Là, ce sont les hôtels. Deuxièmement, c’est la sécurité. Pour sécuriser la vie des personnes qui se déplacent, il faut de la lumière, il faut un hôpital moderne, il faut un hôpital doté d’un centre de dialyse. Tous ces mouvements de tourisme, d’habitats, de travaux publics, de télécommunications, d’adduction d’eau, parce que c’est lié. La SEG aura un travail immense à faire. Si vous manquez d’électricité, mais vous ne pouvez pas accepter de manquer de l’eau, mais ça dépendra de la capacité managériale de ceux qui sont là, voilà! Nous travaillerons dans ce sens.

Mettez ça dans votre tête, que nous, on peut faire quelque chose de fiable. Parce que nous sommes des privés. On a aucune une pression, on a la volonté politique derrière, on posera le problème et notre force sera quoi ? C’est la communication.

On fera le point avec la presse à tout moment pour savoir où on a commencé, où nous sommes, où nous devons partir, qu’est-ce qui reste à faire, nous ferons tout.

J’étais avec Shanghai construction qui m’a dit ceci: "président, regardez dans toute l’Afrique, c’est nous qui avons construit les stades, en tout cas la plupart. Même à Libreville, là où la compétition  doit commencer dans une semaine, nous, on fait un stade en 24 mois ; deux ans seulement". Et nous en Guinée ici, nous  avons cinq ans devant nous. Il ne faut pas considérer la sixième année.

Il faut que la Guinée soit capable d’organiser après les travaux une CAN junior, avant la vraie CAN, pour tester: soit la CAN des cadets, soit celle féminine, soit  celle des juniors. Il faut qu’on puisse organiser l’une de ces trois compétions à un an ou à un an et demi de la grande compétition. En ce moment, ça va nous mettre à l’abri des erreurs et des fautes qui pourraient arriver en 2023, pour pouvoir les corriger à temps.

Il  faut noter que l’organisation d’une compétition comme la CAN est beaucoup plus compliquée. Il faut le faire sans faute, il faut que les gens soient transférés à un moment précis, surtout, il faut tenir en compte la sécurité des stades, la sécurité des personnes et des biens. Voilà un ensemble de tout qu’il faut gérer.

Je vous assure que nous allons travailler d'arrache-pied en mettant en place des hommes qui peuvent le faire. On va commencer par mettre en place un comité d’organisation pour la bonne réussite de cette organisation. Vous verrez puisque nous avons une volonté politique donc nous réussirons.

Il y a une Ligue qui a été créée l’année dernière. Quelles sont les nouveautés apportées pour cette saison 2016-2017 ?

Vous savez, on a créé la Ligue dans les conditions difficiles l’année dernière, parce que ça n’a pas été préparé par la fédération. Il n’y a pas de budget. Il y a un an, il faut que vous le sachiez que c’est un homme (Antonio Souaré, ndlr), un seul qui a pris ça sur ses épaules qui a financé tous les clubs, financé tout le championnat. Et que le championnat a commencé à temps et terminé à temps, avant beaucoup de pays de la sous-région. Nous avons été très fiers de ça.

Vous avez vu comment le championnat s’est passé. Les nouveautés de cette année, c’est quoi ? Normalement, on s’attend à une élection. Il faut faire l’élection pour finir pour de bon. Et, il est dit que quand vous acceptez d’être professionnel,  il faut vous soumettre à la loi et au règlement. Tous les clubs sont enregistrés en société: soit personnelle, unipersonnelle soit en SARL, soit en S.A parce que c’est une société commerciale.

Quand vous êtes professionnel,  vous le faites à but lucratif. Il faut qu’ils le comprennent.  Ce n’est pas le national, ce n’est pas l’amateur, je l’ai toujours dit quand vous êtes professionnel c’est que vous l’avez fait à but lucratif. Donc vous devez pouvoir vous enregistrer  parce que dans le nouveau règlement de la FIFA et de la CAF, il faut que vous soyez enregistré. Il faut que vous soyez listé parce que vous allez faire le transfert, vous allez faire le mouvement.

Tous ces jeux sont gérés par la FIFA. Et pour que vous soyez dans les normes, il faut que vous remplissiez toutes ces conditions-là. Cela ne voudrait pas dire que vous ne pouvez pas jouer  le championnat guinéen. Imaginez, aujourd’hui un club qui n’a pas fait les formalités qui soit demain champion de Guinée mais ce club ne pourra pas représenter le pays en compétition internationale parce qu’il ne remplit pas toutes les conditions pour jouer sur le plan international, seulement sur le plan national. Donc cette nouveauté-là, aujourd’hui, il faut mettre toutes ces structures en place.

L’année dernière, on a joué le niveau le plus bas. Donc, il faut élever le niveau pour que l’année prochaine, qu’on puisse être au niveau supérieur. L’année dernière, on a joué que sur la ligue I et la ligue II. Aujourd’hui,  notre colonne vertébrale de football n’existe pas. Vous jouez au sommet mais vous n’avez pas de base. Si vous n’avez pas de base, comment allez-vous progresser? Donc, aujourd’hui, il faut mettre le CFA en place, c'est-à-dire les centres de formations académiques qui vont donner aux amateurs c'est-à-dire ligue I et ligue II, la capacité de compétir honorablement et intégralement en ligue I et II. Voilà il y a tellement des nouveautés qu’on a apportées cette année, et vous verrez avec l’évolution du championnat.

Nous avons appris que le professionnel du monde du sport  souhaiterait que vous soyez le président de la féguifoot mais il y en a qui disent que vous hésitez. Alors pourquoi hésiterez-vous si vous êtes un homme du sérail?

Ecoutez, ça  n’a pas commencé aujourd’hui. C'est une grande confiance, c’est très bien, quand tout le monde se mobilise pour vous donner une responsabilité majeure dans cette profession vraiment, c’est bien. Je les remercie sincèrement, ça me va droit au cœur. Je me sens grandi et responsabilisé.

Je n’hésite pas ! Vous savez il y a deux ans, qu’on m’a demandé ça. J’ai décliné. Pourquoi ? Je vous dis la cause aujourd’hui. Lorsqu’ils sont venus me voir, il y a deux ans pour me proposer la présidence de la Fédération Guinéenne de Football, je leur ai dit non ! Je ne veux pas être président maintenant. Ils m’ont demandé pourquoi ? J’ai dit écoutez-moi, j’ai des grands chantiers. J’ai deux chantiers qui me tiennent à cœur et qui demandent beaucoup d’argent. Il y a le grand centre de YOROKOGUIYA où nous avons plusieurs terrains, nous avons un hôtel de grande dimension à construire, une école de foot, un restaurant. Ensuite nous avons des routes et des ponts à faire et un palais des sports à faire pour la jeunesse guinéenne.

En médias, nous sommes en train de faire une télévision numérique HT et une Radio HT qui demandent beaucoup d’argent. Je leur ai dit ça. Je n’ai pas manqué de leur dire  que je connais la mentalité des Guinéens qui ne change pas. Si aujourd’hui j’accepte d’être le président de la fédération Guinéenne de Football, dans deux ans, quand vous allez voir mon centre, ma radio, ma télévision, vous allez dire que c’est l’argent de la fédération qu’il a pris pour construire. Il n’avait pas ses moyens. Je leur ai dit laissez-moi d’abord suivre mon élan.

Ensuite, je leur ai dit que si je vous dis que je n’aime pas le football, je vous ai menti. Si je vous dis que ne veux pas progresser dans le football, être hissé au plus haut sommet, là je vous ai menti. Je leur ai dit de me laisser faire comprendre aux Guinéens qui ne me connaissent pas que c’est mon propre argent que j’utilise, mon propre argent.

Aujourd’hui, Dieu merci ! Ce centre est là. Tout le  monde entier a vu. Il n’y a pas encore une semaine la FIFA était là. Voilà ce qu’ils mon dit: "Monsieur le président, ce n’est pas un centre  que vous avez construit  mais plutôt un empire pour cette génération et la postérité". Et quand Canal + est venu voir l’installation de notre radiotélévision, ils nous ont dit ‘’ Monsieur le président, vous avez des matériels que même Canal n’en a pas’’. On a Lobi Vane ici. Lobi Vane est un studio mobile qui reporte n’importe quel match aujourd’hui de la coupe du monde jusqu’au match du quartier avec tous les systèmes de replay avec toutes les caméras.

Vous voyez ! Donc si je ne m’étais pas donné le temps dans ces deux dernières années pour réaliser cela, vous connaissez la mentalité de nos frères. Aujourd’hui, ça allait être l’objet de débats et discussions  partout en Guinée, dans les radios, dans les télévisions et même dans les cafés. On allait dire que j’ai détouré l’argent de la féguifoot. Mais aujourd’hui,  Dieu merci ! Je suis prêt.

Antonio Souaré prêt à briguer la Fédération Guinéenne de Football ?

Attendez ! J’ai tout ça derrière moi. C’est une fierté pour la Guinée. Je mets ça  à la disposition de la Guinée, de la sous-région et de toute l’Afrique, parce que c’est l’un des plus grands centres aujourd’hui en Afrique. On a voulu créer une destination africaine qui est la destination Guinée, en matière de médias et de football.

Maintenant que vous avez tout : le centre, la télé et la radio. Si maintenant on vous demandait d’être le président de la FEGUIFOOT, est-ce que vous allez l’accepter ?

Comme on me fait confiance, toute la Guinée a confiance en moi, les Guinéens ont su comprendre de quoi je suis capable. J’ai eu l’estime et la confiance du Chef de l’Etat pour me confier le plus grand sentier de la Guinée qui est le COCAN par rapport à la fédération, qu’est-ce que je peux dire. Quand je dis que je le suis, ça veut dire que je ne pourrai pas le refuser.

Donnez-nous l’exclusivité: « Moi Antonio Souaré, je suis candidat à la tête de la Fédération Guinéenne de Football »

Je préfère que ceux qui me l’ont demandé, le disent parce qu'eux et moi, on a déjà parlé. Ils vont vous le dire. Je suis prêt là où je suis assis à servir le football  guinéen pour l’honneur du football guinéen.

Si vous êtes le président de la fédération, quels sont les sentiers auxquels vous donnerez la priorité ?

Je vous garantis, si je viens à la tête de la Fédération Guinéenne de Football, je serai là pour servir le football pas pour me servir du football. Je le ferai avec beaucoup de passion et de professionnalisme. Nous allons tuer l’amateurisme, car c’est l’amateurisme qui a gangrené notre football. Il est temps que notre football se débarrasse du clientélisme, qu’on se débarrasse de ceux qui viennent pour se servir du football, qui ne font pas les comptes rendus, qui ne font pas de réunions.

Une synthèse d’Alpha Amadou Diallo       

 

                 

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