Dans un entretien accordé à notre rédaction, l’ancien vice-président de l’UFDG, Bah Oury, à commenté l’actualité sociopolitique de notre pays. Il s'est félicité des financements obtenus par la Guinée auprès de ses partenaires techniques et financiers pour le développement du pays. M. Bah s'est aussi prononcé sur la caution pour la candidature aux élections locales.

 

Bonjour M. Bah! La conception  et le début de liste de candidature ont commencé. Est-ce qu’à votre niveau, il est prévu qu'une candidature soit présentée, et dans quelle circonscription ?

Bon! Personnellement, dans le contexte actuel, j’ai beaucoup de chantiers en cour. Comme vous le savez presque pendant cinq années d’exil, bientôt ça sera le second anniversaire de mon retour. Il y a des sujets, il y a des aspects sur lesquels, je n’ai pas encore fini  de réaliser et certains de mes objectifs essentiels. Donc je suis beaucoup plus comme entraîneur qui va coacher des équipes qui vont aller en compétition pour acquérir le pouvoir de garde.

A côté, il y a un quiproquo autour de la liste de l’UFDG. On vous accuse d’être celui qui serait derrière cette situation. Qu’en dites-vous ?

Je ne fais pas de commentaires.

Que pensez de la polémique suscitée par la caution fixée par la CENI pour les élections ?

Vous savez, la caution a un objectif, c’est pour permettre de ne pas encourager disons les candidatures fantaisistes et multiples, parce que cela va générer du coup des candidatures excessives pour l’organisation des élections. Donc (8), huit millions pour les communes urbaines et (3) trois millions pour une commune dite rurale, je pense que c’est raisonnable.

Est-ce que vous-même vous serez candidat en tête de liste à ses élections ?

Non pas du tout. Comme je vous l’ai dit, je suis un entraîneur qui est en train de coacher des équipes diverses aussi bien dans Conakry qu’à l’intérieur du pays pour qu’elles aillent à la conquête du pouvoir pour changer la gouvernance locale.

Certains cadres exclus de l'UFDG comme Mamadou Barry ou Lamine Diallo ont vu leurs suspensions levées par la direction générale. Avez-vous un commentaire sur cette décision ?

Bon ! Je pense que ceux qui leur avaient donné un coup de pied, s’ils reviennent pour corriger, je pense que c’est une bonne chose.

 Que pensez-vous du déroulement du procès sur l’assassinat du journaliste Mohamed Koula Diallo ?

Je trouve qu’à l’heure actuelle, c’est un scandale parce que le tribunal de Dixinn avec le juge Manga Douba Sow et ces accesseurs ont refusé une nouvelle citation de comparution de témoins. Premièrement, je pense que dans une affaire criminelle, on ne peut pas demander à avoir la manifestation de la vérité si les personnes citées dans le cadre de ce crime ne peuvent pas être entendues au niveau du tribunal. Cela veut dire que ces gens là sont protégés et c'est la continuité de l’impunité.

Deuxièmement, mes avocats ont des éléments de preuves à travers des images de tout se qui c’était passé le 5 février 2016. C'est-à-dire l’essentiel des éléments qui ont eu lieu. On les a en image et le président du tribunal à refuser que ces images soient diffusées au niveau de l’audience.  Alors que ce sont des éléments de preuves qui peuvent disculper certaines personnes et qui peuvent incriminer d’autres, parce qu’il y a des images à laisser. Et là aussi, le juge Manga Douba a refusé que ces images soient diffusées. Donc il y a un criminel ou il y a un journaliste a été tué ou il y a une tentative d’assassinat sur ma personne. On fait comme s’il faut faire en sorte qu’aucun élément permettant de faire éclater la vérité ne soit à la disposition de l’audience. Je considère que c’est un scandale majeur et c’est un scandale judiciaire.

Nous n’avons pas encore arrêté notre position avec mes avocats sur la suite de cette affaire. Mais je vous dis que je ne me laisserais pas faire. Fodé Oussou Fofana avait dit si vous voulez connaitre qui a tué Koula, prenez Bah Oury. Mais dans un pays normal, il devrait être devant les tribunaux. C’est une diffamation. Cela aussi. Vous savez que Cellou Dalein et consort avaient fait une déclaration le 5 février 2016 pour dire que c’est moi qui avait l’arme et c’est moi qui avait tiré sur Mohamed Koula. Donc, ils m'ont accusé d’être un assassin.  Et  là, le procureur de Dixinn Souleymane N’Diaye a refusé que la plainte contre Cellou Dalein pour dénonciation calomnieuse soit examinée. J’ai été dans une procédure judiciaire pour amener à ce qu’il y ait la manifestation de la vérité.

 Je considère qu’avec ses blocages que nous constatons par ci par là pour protéger les réels commanditeurs de ces tentatives continuent. Et là, les autorités judiciaires et les autorités politiques au plus haut niveau sont interpellées par ce fait qui poignarde la justice dans ce pays. Vous savez ce que certains racontent, je ne vais pas passer mon temps à faire de commentaires sur ça.

Apres trois semaines de grève qui a paralysée le secteur de l’Education et fait de victimes, le syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée a levé le mot d'ordre de grève, le 7 décembre dernier. Quelle lecture faites-vous de la gestion de cette grève par le gouvernement ?

Je pense que de ce point de vue, je salue que le fait que de part et d’autre, la charge de responsabilité ait prévalu. Et je salue également l’action des autorités morales à savoir l’archevêque de Conakry et l’Imam de la grande mosquée Fayçal de s'impliquer comme médiateurs pour amener à un dénouement heureux de cette crise pour permettre aux enfants de retourner à l’école dans les conditions de sécurité et de travail relativement satisfaisantes. Donc c’est une bonne chose. Mais il faut tirer les leçons de cette situation.

Au niveau du syndicat il y a beaucoup de leçon à tirer et je pense qu’ils vont le faire à leur propre niveau de manière interne pour ne pas avoir une répétition de ces genres de situations qui risquent dans une certaine mesure d’exposer certains cadres syndicaux dans de situation qui affaiblirait l’institution syndicale dans sa globalité. De l’autre côté, le gouvernement n’a pas été prompt à réagir de la manière la plus adéquate possible. Je pense que lorsqu’il y a crise et que vous êtes à la tête d’un département quelles que soient les conditions de l’émergence de cette crise, vous devrez tout faire pour favoriser un climat de dialogue, un climat de sécurité et de sérénité pour résoudre le problème surtout dans le secteur aussi névralgiques que l’éducation nationale.  C’est dommage que dans notre pays, très souvent, on met beaucoup plus des intérêts personnels, des orgueils personnels en avant et on oublie ce qui devrait être l'essentiel c'est-à-dire l’intérêt du pays tout en entier.

Il y a des leçons à tirer. Les syndicats doivent tirer les leçons en interne, la représentativité doit être revisitée pour qu’il y ait des acteurs et  une réel assise au niveau des bases sinon on risque de se retrouver dans des situations ou ceux d’en bas n‘ont plus confiance à ceux d’en haut. Il ne peut plus avoir aucune autorité capable d’être entendue. On a une chance de repartir sur des nouvelle bases. Le gouvernement doit tout faire pour préparer une dynamique qui permettrait en concertation avec le monde des enseignants et le monde syndical de trouver un compromis transitoire pour un plan d’urgence dans le cade du système éducatif en tentant d’engager des reformes en profondeur et des reformes structurelles majeures pour remettre sur les rails le système éducatif de notre pays. Les médiateurs vont continuer à travailler pour trouver une solution satisfaisante pour les uns et pour l’intérêt surtout des élèves et du monde du système éducatif. C’est ça l’objectif majeur.Bien entendu, il faut de part et d’autre faire de preuve de responsabilité et ne pas négliger disons le problème et ne pas aussi se concentrer uniquement sur des questions salariales. Le système éducatif guinéen est malade et il faut le guérir et il faut le guérir en profondeur.

Vous êtes de ceux qui ont salué les 20milliards USD que la Guinée a obtenu avec la Chine ainsi que les 21milliards levés dans le cadre du PNDES à Paris par le gouvernement guinéen auprès de ses partenaires. Pourtant de nombreux observateurs ne sont pas satisfaits de la manière dont le pays est géré par le Pr Alpha Condé. Selon eux, il y a trop d’impunité et de corruption. Partagez-vous ces points de vue ?

 Vous savez lorsqu’on a une équipe nationale quelles que soient les difficultés qu’ils parviennent à se qualifier pour la coupe du monde de football qu'est-ce qu’on va dire ?  On va les féliciter, les encourager et on va se donner les moyens pour qu’avant les compétitions pour la coupe du monde que l’équipe soit beaucoup plus renforcée. Que ces capacités soient accrues, que le leadership interne soit consolidé, qu’il y ait une réelle motivation des uns et des autres pour aller représenter valablement le drapeau national. C’est ça qui a une attitude, j’allais dire patriotique de tous. La Guinée n’a jamais obtenu disons des engagements, des financements de ce genre. C’est l’une des premières fois depuis très longtemps. Sinon cela première fois depuis l’indépendance de notre pays. Donc il y a une chance pour l’avenir. Vous savez aujourd’hui un gouvernement est là, il va passer. Un président de la République est en place aujourd’hui demain ça sera un autre.Si le financement est ce qui est souhaitable que les financements ne sont pas donnés à un gouvernement, ne sont pas donnés à un président de la République, ces financements sont accordés à la Guinée, il faudrait que des Guinéens et ceux qui auront la chance de gérer la Guinée aujourd’hui, c’est avec le Président Alpha Condé demain ça sera avec quelqu’un d’autre, que cela se passe dans l’intérêt de la Guinée et qu’on parvienne à corriger les insuffisances notoires que la Guinée traine depuis l’indépendance.

Je ne suis pas de ce genre de ceux qui sont pessimistes ou qui ne veulent qu’un gouvernement même si on est opposé à ce gouvernement qui ne réussisse pas. Il faut que la réussite et que les gens fasses preuves de responsabilité pour ne pas dans une certaine mesure, faire désespérer l’écrasante majorité de ce pays qui veulent qu’il y ait un espoir et l’espoir est possible. Mais l’espoir est possible, ne veut pas dire que l’espoir sera réalisé. Il faudra du travail. Il faut des hommes et des femmes sérieux compétents, rigoureux qui aiment la Guinée. Mais, on passe tout notre temps à dire c’est mauvais, c’est mauvais, il va de choix qu’on ira nulle part. Et notre pays est en train d’être à la traine. Regardez à Dakar. Ils ont un second aéroport international qui vient d’être inauguré. Ils auront bientôt une ligne de chemin de fer entre le centre et cet aéroport. Ils ont de centrales solaires qui les amènent aujourd’hui à baisser le prix du courant. Et à Abidjan, ils sont en train de lancer la construction d’une ligne de métro. Et nous, nous sommes toujours en train de pleurer ça ne va pas. Et lorsqu’il y a quelque lueur d’espoir, on dit que ça ne pourra pas être fait. Je pense qu’il faut changer de discours, il faut avoir une attitude positive, il faut avoir une démarche constructive et il faut être optimiste pour ce pays, parce que sinon, on désespère tout le monde et c’est l’une des raisons qui fait que nos jeunes ne pensent qu’aller ailleurs à l’étranger, aller au Sahara ou aller en méditerranée pour y mourir. L’espoir est possible mais il faut travailler chaque fois et fortement.

Entre la presse et le pouvoir, la situation ne fait que s’envenimer du jour au jour. Des medias ont été récemment fermés et des journalistes interpellés. On a l’impression que M. Bah est resté indifférent à cette atteinte à la liberté d’informer. Vrai ou faux?

C’est faux ! J’ai toujours été solidaire et de manière responsable avec les journalistes. Et je dois même rappeler à l’ensemble des journalistes quand votre Mohammed Koula Diallo a été assassiné le 5fevrier 2016, le monde de journalistes guinéens avait organisé trois journées sans presse pour protester contre ce genre d’assassinat. Et j’avais essayé de tout faire pour qu’il y ait la manifestation de la vérité dans ce sens. Aujourd’hui, nous sommes empochés ou je suis partie civile dans le cadre de la même affaire. Je pense que de ce point de vue, le monde de journaliste devrait dans le contexte de ce procès être également présent pour exiger toute la vérité sur l’assassinat de votre collègue Mohammed Koula Diallo.

Donc de ce point de vue, il ne faudrait pas occulter cela au profit des autres situations qui n’ont pas couté la vie à un vos collègues. Mais sinon par rapport aux journalistes, je leur ai dit, il faut faire preuve à tout moment de responsabilité. Lorsque vous incarnez un pouvoir, vous êtes le quatrième pouvoir, il faut que dans le cadre de votre métier que vous soyez irréprochables. C’est ça qui va accroitre votre crédibilité et le respect à votre égard. Et il faudrait faire en sorte que la presse ne soit pas une presse orientée ou une presse de propagande mais une presse qui informe, une presse qui permette à la population d’élever son niveau de confiance et son niveau d’information sur les réalités aussi bien nationale qu’internationale. Plus souvent, je constate qu’il y a des prises de position que je considère déplorable. Parmi vous, il y a des hommes et des femmes qui font correctement leur métier, mais de l’autre côté aussi, il y a des défaillances qu’il faut constater, qu’il faut corriger pour vous permettre de faire en sorte que le métier de journaliste guinéen soit tel que partout ou un Guinéen se présente que tout le monde soit obligé de respecter. Et c’est comme ça que les journalistes obligeront les hommes au pouvoir, les hommes politiques à faire preuve de responsabilité lorsqu’ils s’adressent à des journalistes.

On vous a vu il n’y a pas très longtemps à côté de Bah Ousmane de l'UPR. Certains observateurs ont, du coup, pensé à un rapprochement. Qu’en est-il réellement ?

Mais M. Bah Ousmane est un grand frère. J’ai été avec lui depuis mon retour. J'ai salué son implication pour favoriser mon retour d’exil et il n’y a aucune exceptionnalité du fait que je le rencontre. Nous parlons de toutes les choses notamment les choses politiques puisque c’est un responsable politique et également moi aussi. Je suis un responsable politique. Donc l’affaire de la Guinée nous interpelle, nous intéresse et de temps en temps, il faudrait qu’on échange.

Votre mot de la fin

Je pense que le pays est encore à la croisée de chemin. C’est une réalité que nous avons connue par le passé. Il y a des possibilités que ce pays puisse se relever mais il faudrait que de part et d’autre, quel que soit le niveau de responsabilité que nous occupons, quels que la place et le positionnement qu’on a, il faut mettre l’intérêt du pays en avant et faire preuve davantage de responsabilité et de sérieux. La société guinéenne est d’une extrême fragilité. Il faudrait prendre garde à ne pas aller dans des directions qui risque de nous mettre dans de situations d’instabilité ou quelques acquis risquent d’être anéantis. Nous devons aller de l’avant. Nous devons tirer les leçons de ces dix dernières années de tragédies que nous avons connu pour avoir un niveau de comportement et un niveau de responsabilité plus élevé pour éviter la répétition de ce genre de situations pour la Guinée. Les Guinéens ont suffisamment souffert et on doit un peu plus de bonheur, de sérénité et d’espoir pour l’avenir merci.

In Le Démocrate

Le Président de l’Institution Nationale Indépendante de droit de l’homme. Docteur Mamadi Kaba a dans un entretien accordé à nos confrères de City.fm abordé longuement l’actualité qui fait couler l’acre et la salive dans le continent ‘’La traite des être humains’’ à Libye, qu’on croyait révolu depuis la nuit des temps. Sur la question 3ème mandat. Dr Kaba appelle à tous les dirigeants africains de ne pas accepter de se faire chasser au pourvoir, de partir au bon moment pour l’intérêt de la stabilité, de la démocratie et de l’honneur. Interview.       

Bonjour Docteur Mamadi Kaba!  Est-ce que vous avez été pris du coup, surpris les nouvelles d’un esclavage en cours en Libye où des Africains d’origine de l’Afrique noir sont vendus comme du bétail sur le marché Libyen ?

Vous savez en Libye, il y avait depuis un certain moment des informations plus grave sur le traitement inhumain et dégradant qui était infligé aux noirs qui utilisaient ce pays comme transit pour atteindre l’occident, mais aujourd’hui la preuve est établie. ça fait un bon moment qu’on avait des informations mais c’était des informations difficiles à vérifier et maintenant la preuve est établie, grâce à l’expertise   de CNN que nous remercions de passage. Sinon ça fait peut être plus d’une année qu’on avait ces informations là mais on n’était pas capable de les vérifier.

Et donc c’était difficile de les annoncer ou de se prononcer dessus. Maintenant que la preuve est établie, il est important que les témoignages se fassent, vous avez à tout moment des plaintes des parents, des personnes vivantes en Libye. C'est-à-dire des migrants, des parents se plaignaient du fait qu’il fallait payer de l’argent pour libérer leurs fils détenus. A un moment donné, on avait pensé que   c’était un chantage de la part des migrants sur leurs familles  parce que la majeur partie d’entre ces migrants là quittaient le pays sans l’avale de leurs familles.

Ou peut être un chantage de la part des passeurs eux-mêmes ?

Des passeurs et des jeunes eux-mêmes c'est-à-dire quand vous êtes arrivés quelque part, vous avez besoin d’argent. Vous utilisez des arguments pour inciter, pour faire peur à la famille pour l’inciter à faire envoyer de l’argent. On n’avait pensé que c’était un chantage de cette nature là. Mais, maintenant que la preuve est établie que ce n’était pas de chantage, c’était vraiment de la réalité.

Si vous ne payez cet argent ! On vous vous vendait pour récupérer cet argent là, il y a plusieurs niveaux de responsabilités. Ceux qui achètent : c'est-à-dire les Libyens qui achètent les migrants sont des criminels, ceux qui vendent ces migrants là, la plus part ce sont des passeurs, des réseaux de passeurs qui vendent ces migrants et les groupes armées qui contrôlent le territoire sue lequel, le commerce là est exercé.

Les différentes factions d’armées qui pilule à Libye ?

Exactement ! Parce qu’en réalité, il ne faut pas se voiler la face en Libye pour le moment il n’y a presque plus d’Etat. Le gouvernement  en place n’arrive pas à installer son autorité sur la Capitale à plus forte raison le reste du pays. Donc c’est un gouvernement qui ne contrôle pas véritablement le territoire nationale, donc ce sont des groupes armées qui font la loi sur le périmètre dans lequel ils sévices. Ces groupes armés tirent profils de commerce des Libyens qui ont besoin.

Il faut reconnaitre que l’esclavage existe dans les traditions arabes anciennes. Donc, l’esclavage n’est pas une nouveauté, c’est juste une renaissance. Les noirs ont toujours été les principales victimes de ce commerce depuis la nuit des temps et je pense que ça continue encore ce que nos ancêtres ont vécu. Nous sommes en train de les vivre aujourd’hui au 21 siècle, ce qui est inacceptable. Donc il faut situer les responsabilités.

Sachant que le Libye n’a plus un Etat capable de contrôler l’ensemble de son territoire Pour combattre ce genre de pratique, Il faut que les Etats prennent des mesures en amont. Qu’il ait par exemple, en Guinée, il faut qu’il ait une loi anti traite, une spécifique, une loi très clair contre la traite des personne qui permet de traquer les réseaux des passeurs, de punir les teneurs de ces réseaux là conforme à nos loi. Comme on n’a eu une loi sur le terrorisme, il faut qu’on ait une loi sur la traite des personnes. Et c’est cette loi qui va permettre à l’Etat d’identifier les réseaux des passeurs parce que ce sont des réseaux qui sont connus et les auteurs sont connus dans les communautés. Il faut qu’il ait une loi très clair contre la traite des personnes, c’est cette loi là qui va permettre au procureur de poursuivre les membres du réseau des passeurs et les punir pour qu’en amont le combat soit efficace.

Le deuxième niveau de combat, doit être en Libye maintenant. Ceux qui achètent les migrants et ceux qui facilitent l’exercice de ce commerce : c'est-à-dire les groupes armés. Il faut travailler à faire en sorte que ceux là aussi soient punis conformément à la loi. Je pense que ces deux niveaux de responsabilités doivent être identifiés et le combat doit être mené à ce niveau là pour qu’on parvienne à un résultat. Les ambassades Libyens ne sont vraiment capables de rien, ce sont des fonctionnaires qui ont souvent du mal à communiquer même avec leurs pays d’origine c'est-à-dire : la Libye parce que le gouvernement lui-même  fait face à des sérieux problèmes de sécurités à l’interne.

Est-ce que vous êtes en train de nous dire que les mobilisations qui sont annoncés devant les différentes ambassades de Libye à travers le monde, c’est un peu un coup d’épée dans l’eau parce qu’il n’y a pratiquement pas relations entre les ambassades et ceux qui tiennent lieu de gouvernement ou d’Etat à Libye ?

Bon ! Il faut toujours se mobiliser,  les mobilisations sont très importants parce que ça permet d’attirer l’attention du monde entier sur la gravité de la situation en Libye. Il faut toujours trouver un endroit pour le faire donc l’Ambassade de Libye est toujours l’endroit indiqué pour le faire pour attirer l’attention du monde entier. Mais il ne faut pas s’attendre à un résultat de la part de l’ambassade parce que l’ambassade elle-même a toutes les difficultés à coordonner quoi que ce soit avec les autorités du pays qui sont confrontés à des graves problèmes sécuritaires. Le gouvernement qu’on tente de légitimer en Libye n’arrive pas à se mettre à l’abri des groupes armés. Les groupes armés sont plus fort et puissant que le gouvernement légitime, ce qui fait que ce sont les groupes armés qui contrôle le pays et les ambassades n’ont pas le contacte avec les groupes armés, donc il ne faut s’attendre à ce que la solution provienne des ambassades.

La mobilisation est très importante pour montrer que nous sommes opposés à ce qui se passe en Libye. Mais la solution doit venir de nos Etats, de nos gouvernants, de l’union africaine, de la communauté internationale. Il faut qu’il ait une union sacrée contre le phénomène. Que chaque Etat prenne des dispositions. Que l’union Européenne et l’union africaine prennent une résolution très claire contre la traite des personnes. Et que chaque Etat s’approprie des dispositions de cette position de l’union africaine afin que le réseau des passeurs soit combattu au niveau des Etat.

Et ensuit, que cette union là travaille contre les groupes armés en Libye. D’abord, il faut travailler à faire taire les armes en Libye ; à faire en sorte que les Libyens puissent avoir un gouvernement légitime. Un gouvernement qui contrôle l’ensemble du territoire. Que tous les fils de la Libye s’unissent pour trouver un Président et un gouvernant et ensuite faire en sorte que les Libyens contrôlent l’ensemble du territoire, que l’autorité de loi s’exerce sur l’ensemble du territoire sinon, il n’y aura aucune solution possible.

Il faut que la Libye ait un répondant, qu’il ait un gouvernement légitime, un gouvernement organisé qui puisse nous aider à combattre ce genre de phénomène. Le plus important, est de parvenir en amont à trouver des lois répressifs contre  les passeurs et en avale à voir un gouvernement en Libye, avoir un Etat en Libye, avoir un répondant pour combattre le phénomène en Libye.

Docteur, il a fallu attendre que  CNN diffuse  un documentaire sur la tragédie Libyenne pour que les africains notamment les Institutions comme l’UA commencent à pousser des clameurs d’indignation. Est-ce que à votre avis le drame qui se joue en Libye n’est pas l’arbre qui cache la forêt par rapport au dossier de l’immigration quand on sait que tous les ans des milliers des sub-sahariens meurent noyer dans la méditerranée en tentant la traversée à bord d’embarcation des fortunes ?

Oui ! Effectivement, c’est l’arbre qui cache la forêt. Il y a beaucoup de tragédie en Libye, il a fallu que cette situation d’esclavage soit mise sur la place publique pour qu’on s’indigne. Mais il est évident qu’il y avait beaucoup de maltraitance pas seulement en Libye. Nous frère et sœur subissent de maltraitance d’une extrême gravité dans les pays comme l’Algérie.

Un traitement aussi qui avoisine l’esclavage ?

Vraiment ! Qui avoisine l’esclavage et personne ne pipe mot. Il faut encore qu’il ait des révélations scandaleuses pour qu’on commence à verser de larmes de crocodiles. Effectivement, les informations exigent. En Libye, en dehors des migrants qui meurent en haute mer, il y a même les populations Libyennes qui subissent des atrocités incroyables, des personnes qui subissent des abus sexuels, des abus de tout genre, les exécutions sommaires, des fosses communes. Des personnes qui sont tués pour leurs appartenances etc.

Donc, il y a une division entre quatre factions qui font la loi ?

Effectivement entre quatre factions et chaque faction fait la loi sur son territoire. Et les dirigeants africains ne peuvent pas dire qu’ils ne sont pas au courant de ces exactions là. Il y a des atrocités en Libye ce qui se passe en Libye, ce que subissent les Libyens eux-mêmes sont innommables, aujourd’hui, il y a un scandale qui est révélé qui attriste tout le monde qui est l’esclavage. Mais il faut travailler à créer un Etat.

Ce qui se passe en Libye, hors du commentaire personne n’est capable aujourd’hui de donner un tableau exhaustif de tragédies qui se passent en Libye. La Libye est devenue aujourd’hui, un territoire de tragédie   les Libyens eux-mêmes n’échappent à la tragédie. Les exécutions sommaires sont monnaies courantes, des personnes qui sont enterrées vivantes etc. Donc il faut vraiment à travailler à trouver une solution de longue Durée et la solution durable consiste à doter la Libye d’un gouvernement légitime, d’un Etat viable.

Dr, est ce qu’il faut remettre sur pied l’Etat libyen, il faut punir les passeurs qui marchandises ces migrants, il faut punir ceux qui les achètent et qui les réduisent en esclavage mais il y a aussi une complicité pour ne pas dire une culpabilité de l’Europe, parce que ces personnes qui s’échouent en Libye qui ne parviennent pas à rejoindre le territoire européenne sont victimes d’une politique qui fait que tout ce qui se passe là aussi l’Europe ne peut pas ne peut pas dire qu’elle n’était pas au courant de ce trafic d’être humain ?

L’Europe n’est responsable que de ce qui se passe sur sont territoire, en tout cas les migrants qui parviennent à atteindre les côtes Européens sont pour la plus part sauvés. Il y a des actions pour sauver les vies des migrants sur mer quand ils sont sur les côtes occidentales. Et ceux qui parviennent à atteindre le territoire Européen on quand même un traitement qui prend en compte la dignité humaine etc. Tout n’est pas parfait. Il y a aussi des comportements condamnables qui se passent là-bas, mais dans l’ensemble les droits des migrants ne sont pas forcement violés comme ce le cas en Libye.

La situation en Libye, les africains sont ceux qui doivent trouver la solution. L’Europe doit nous accompagner mais nous sommes responsables, nous Africains de ce qui se passe en Libye. Nous devons travailler à arrêter les violences qui se passent en Libye.

Dr, Quand on sait que la Libye quoi qu’on dise de Khadafi et de son régime était un pays stable. On sait qu’il a fallu que la Libye soit envahi suite à une résolution prise par les nations unies et cette invasion était menée au battons par un pays comme la France. Est-ce que cela ne prouve pas d’une autre manière que si la Libye vie toutes les tragédies que vous avez décrites là, c’est parce que ces pays occidentaux ont fait tombé un régime qui d’une manière ou d’une autre gardait quand même une stabilité ?

Personnellement, je n’ai pas apprécié ce qui est arrivé en Libye avec l’assassina de Mohamd Khadafi. Il bien voir la situation, il y avait de stabilité en fait en Libye parce que cela repose de la question de l’alternance. Quand la stabilité d’un Etat s’organise autour d’un individu ou d’un groupe d’individu, l’Etat n’est pas stable. L’Etat n’est stable, quand vous avez l’alternance démocratique, des Institutions fortes et vivantes dans le pays. Quand un individu est emporté soit par la guerre soit par la mort brutale etc. L’Etat continue de fonctionner et l’Etat peut survivre à l’individu qui est mort.

Vous avez vu la mort du Président au Ghana. Les Institutions se sont mobilisées, la démocratie à survécue à la mort du Président. Je vous assure si le colonel Khadafi était mort de sa belle mort. La Libye connaitrait le sort quelle connait aujourd’hui parce que tous les ingrédients étaient crées pour que le pays implose. Le colonel dirigeait le pays d’une main de fer donc il était une personnalité charismatique qui dirigeait le pays d’une main de fer mais soyez sur que même si le colonel kahdafi n’avait été pas tué, s’il mourait de sa belle mort sur son lit de maison où d’hôpital. La Libye connaitrait le sort quelle connait aujourd’hui. Parce que tout tenait à seul personne, la corde de la stabilité tenait à seule personne. Donc il fallait que Khadafi soit immortel pour que la stabilité soit durable.

Donc c’est pourquoi, il est important que la stabilité des Etats ne se tienne pas à un individu. Qu’il ait l’alternance, qu’il ait des institutions fortes et solides qui font du pays un Etat vivant, un Etat qui survit à la chute d’un régime, qui survit à la mort d’un individu, un Etat qui est capable de se défendre contre les risques sur la stabilité. Mais quand ça tien à un seul régime soyez sur qu’il y a pas de stabilité.

Vous devez participer dans quelques jours à Abidjan à un atelier organisé par l’association francophone des Institutions nationales indépendante des droits de l’homme qui portera sur l’immigration. Est-ce que vous pensez que des décisions fortes sortirons de cette réunion sous régionale ?

Exactement ! Les Institutions nationales des droits de l’homme de la francophonie vont se retrouver pour échanger sur la question et moi-même je fais partie des panelistes. Je pense qu’il est important que nous parvenions à quand même des positions qui pourraient aider nos gouvernements respectifs à faire en sorte que la question de la migration trouve une solution durable. Parce que c’est vraiment très révoltant. Ce qui se passe en Libye, nous n’avons pas toutes les informations de ce qui se passe en Libye. Toutes les informations ne sont mises sur la place publique ; ces informations qui circulent aujourd’hui ne constituent que  la partie visible de ‘’l’hais berg’’. Ce qui est caché derrière est beaucoup plus important que ce que nous savons aujourd’hui. Ce que nous savons est déjà très révoltant.

On parle même en dessous des trafics d’organe humain ?

Exactement ! On ne peut pas mettre toutes les informations à la place publique sinon, ça va créer autre chose. Beaucoup des migrants sont tués, les organes sont enlevés et vendus   les trafique humain et d’autres exactions. Je vous assure ce que nous savons sur les réalités aujourd’hui en Libye ne constituent 10% des exactions qui se passent en Libye. Il y a une véritable tragédie humaine en Libye, il faut que nos dirigeants se lèvent. Ce qui se passe en Libye est très grave et très révoltant, nous ne savons que très peu. Alors, il est important de travailler à mettre un gouvernement en place, de mettre fin à l’influence des factions sur le territoire. Et dès que se fera, vous allez voir les informations vont commencer à sortir. Mais je vous assure, il y a des informations suicidaires.

La sortie médiatique du Président Alpha Condé en France dans une interview qu’il a accordé à des journaux Français par rapport au 3ème mandant,  Il  dit  clairement  que : ‘’c’est le peuple qui décidera pour le moment ce n’est pas à l’ordre du jour’’. Alors Dr Mamadi Kaba, comment avez-vous accueilli cette autre sortie du Président Alpha Condé.

Nous continuons d’être préoccupés, le peuple a déjà décidé en mettant dans la constitution un nombre de mandat limité à deux, non renouvelable. Que les deux mandats soient consécutifs ou non. Et une volonté ferme a été, des dispositions de cette même constitution qui interdise la révision sur la forme républicaine de l’Etat sur le nombre de mandat, sur la durée de mandat etc. Donc à mon avis, le peuple a déjà décidé, si le Président dit qu’il se conforme à la volonté du peuple. Moi, je considère alors que le Président ne touchera pas à la constitution. Nous avons un espoir que ce que le Président Alpha Condé peu faire aujourd’hui pour la démocratie en Guinée ; il ne sera pas facile qu’un autre Président ait le profil nécessaire pour le faire.

Donc nous avons aujourd’hui une opportunité unique avec le Président Alpha Condé de renforcer la démocratie et puis l’Etat de droit et je pense personnellement que nous ne devons pas rater cette opportunité. Le Président Alpha Condé comprend hautement que l’espoir suscité par le monde entier quant à son avènement au pouvoir. L’espoir reposait sur sa capacité, son profil qui correspond à celui qui va renforcer la démocratie et l’Etat de droit en Guinée. Parce que la priorité en Guinée, c’est de créer un Etat de droit qui soit vivant qui mette tous les citoyens au pied d’égal et qui garantie la stabilité de la Guinée sur le long terme. Parce que nous avons suffisamment souffert, il fallait que le peuple confie sa destinée à quelqu’un qui en a le profil dans l’espoir que la démocratie en sortirait renforcée.

Que la Guinée serait stabilisé pour toujours et c’est l’espoir que nous continuons de nourrir. Je continue d’appeler la Président Alpha Condé à ne pas sortir de cette logique. Nous contons véritablement sur lui pour renforcer la démocratie, la stabilité de la Guinée. Si nous ratons cette opportunité avec lui, il est possible que la guinée s’éloigne de la stabilité et de l’Etat de droit auquel on a aspiré qui a coûté la vie à des nombreux jeunes Guinéens. Notre démocratie, nous ne l’avons pas reçu sur un plateau d’or.

Des centaines des jeunes guinéens ont donnés leurs vies pour que la Guinée soit un Etat démocratique stable et prospère parce que nous avons tous les moyens de la prospérité. Nous avons seulement de la stabilité, d’un Etat de droit viable pour que les ressources servent à un développement harmonieux de notre pays. Donc aujourd’hui la priorité des priorités est le renforcement de la démocratie et de l’Etat de droit. Aujourd’hui, le principal défi auquel cette démocratie est confronté ; c’est bien le défi de l’alternance démocratique et de l’institutionnalisation du pays. Et je pense que nous pouvons toujours espérer que cette fois-ci, c’est la bonne. Que nous ne raterons, que nous ne manquerons pas. Ce rendez-vous avec la stabilité et la prospérité.

Le Président Alpha Condé se livre à une communication qu’on pourrait qualifier de sub… Puisqu’il dit : c’est au peuple d’en décider. Est-ce que cela ne laisse pas entrevoir la possibilité d’organiser un référendum à cette allure là ?

Je ne veux pas croire à ça.

Vous, vous aviez au sortir d’une des marches de l’opposition demandé vivement au Président de faire une déclaration dans les meilleurs délais pour dire qu’il ne serait candidat en 2020 ?

Oui ! Vous savez nous recommandations sont consultatives et pas d’obligation pour le Président de le mettre en œuvre. Mais ce qui est important, je veux continuer de croire que la volonté du peuple dont parle le Président ce trouve déjà inscrite dans la constitution. Je n’ose pas imaginer que nous irons plus loin que ça parce que la situation dans laquelle l’Afrique se trouve aujourd’hui, pas seulement la Guinée mais l’Afrique. Les peuples sont devenus vivant et exigeant.

Je crains que la levé des verrous sur le nombre de mandat ne fasse retomber le continent Africain dans les pratiques qu’on croit aujourd’hui révolus. La situation au Zimbabwe, nous donne à réfléchir parce que quand on connait le passé du camarade Bob Robert Mougabé, c’est quelqu’un qui a beaucoup lutté l’indépendance de son pays. Il a donné à soin peuple la raison d’être fière de lui-même. Il était une icône pour son pays. Mais pour n’avoir su quitter le pouvoir quand c’était nécessaire, il s’expose aujourd’hui à une humiliation. Il n’aurait pas dû connaitre cette humiliation, il devait être un icône pour son pays.

Robert Mugabé devait être chanté par son pays pour toujours. Parce qu’il a posé des actes qui sont uniques dans l’histoire de son pays. Il a soutenu l’ANC en Afrique du Sud. Il a soutenu le peuple d’Afrique dans leur lutte pour l’indépendance, il a nationalisé des terres dans son pays, il a donné à son peuple et à l’Afrique des raisons d’être fière et c’était important qu’il comprenne alors qu’il devait partir au pouvoir au bon moment pour ne pas s’exposer à l’humiliation, comme l’a fait Nelson Mandéla.

Donc moi, j’appelle à tous les dirigeants Africains à comprendre que l’alternance au pouvoir, c’est d’abord pour les Présidents qui sont en exercice. Parce que ce Président donne à leurs peuples des raisons de leur exprimer la reconnaissance durant tous les restes de leurs vies. Et c’est important quand on a marqué son pays. Quand on agit dans l’intérêt de la stabilité, de la démocratie et de l’Etat de droit, de partir au bon moment et ne pas accepter de se faire chasser du pouvoir.

L'Indépendant     

Dans cet entretien accordé à notre rédaction, le président du parti FIDEL met en garde le président de la République pour tout éventuel 3e mandat. Mohamed Lamine Kaba lui demande de prononcer clairement sa volonté de briguer un 3ème mandat. Le leader politique dénonce par ailleurs la composition du cabinet du chef de file de l’opposition. Pour lui, ce sont les anciens alliés d’Alpha Condé qui ont été choisis au détriment des anciens compagnons de Cellou Dalein Diallo.

La sortie du président de la République sur un éventuel 3ème mandat suscite des réactions. Quel est votre point de vue ?

La velléité du président de la République à se représenter pour un 3ème mandat n’a jamais été cachée. Depuis très longtemps, c’est le même discours qu’il a tenu. Mais ce qui reste clair, il a lancé un défi au peuple de Guinée. Quand il dit que le peuple répondra, c’était le même discours que j’ai entendu en 2009 sous le CNDD où nous avions la même monotonie. Dadis disait si le peuple veut, je suis candidat. Je ne vois pas de différence entre le discours du président de la République et le président Dadis. Mais le peuple avait répondu au capitaine Dadis. Donc, c’est à nous de s’organiser comme un seul homme en vue de dresser une véritable barrière contre cette velléité du président Alpha. En ce qui concerne le parti FIDEL, nous sommes engagés dans cette logique. Biensûr qu’on dit aujourd’hui, l’opposition est divisée, mais je crois que ce qui va unifier l’opposition, faire en sorte que l’opposition soit plus compacte, c’est bien cette velléité du président Alpha. Le jour qu’il exprimera de façon claire cette volonté de 3ème mandat, l’opposition sera plus compacte qu’elle n’a jamais été. Nous l’attendons au tournant. L’Afrique de l’Ouest est en maturité très loin sur l’Afrique Centrale, qui est la référence d’Alpha, Mugabé et tous ceux qui s’en suivent. En Afrique de l’Ouest depuis 2010, aucun Chef d’Etat n’a pu faire la même chose. Wade a tenté, il n’a pas pu. Au Burkina, Compaoré a tenté, il est exilé pour toujours. En un mot, ça ne peut pas marcher. S’il tente, lui et ses soutiens seront vilipendés et lynchés en place publique.

Mais au temps de Dadis, l’opposition était plus unie. Il y avait les forces vive de la nation. Aujourd’hui avec cette division, l’opposition sera-t-elle à la hauteur ?

L’opposition sera à la hauteur. Elle se lèvera comme un seul homme pour barrer la route à cette velléité du président Alpha.

Le chef de file de l’opposition a entamé la composition de son cabinet. Quel est votre regard ?

Le président Dalein a pris les anciens collaborateurs du président Alpha au détriment de ceux qui ont été caillassés, vilipendés, malmenés avec lui pendant des années. Je veux parler de Mouctar Diallo, d’Aboubacar Sylla, de Faya Millimouno, etc. C’est comme si on a de valeur que lorsqu’on travaille avec le président Alpha. Même si Alpha démissionne aujourd’hui et rejoint l’UFDG, il est innocenté. Qu'est-ce qu’on défend alors? On défend les valeurs républicaines ou les intérêts personnels? Pour moi, Dalein n’a besoin que ceux qui sont prêts à chanter ses louanges. Le culte de personnalité, c’est ce que nous combattons. Mais, il a son choix, nous avons notre appréciation. D’abord selon la loi en son article 6, on est de l’opposition lorsqu’un parti politique adresse au ministère de l’Administration du territoire pour signifier son appartenance à l’opposition. L’UFDG encore moins les partis qui sont dans ce cabinet ne l’ont pas fait. Donc du coup pour mettre en place ce cabinet, le président Dalein devrait s’adresser au ministre de l’Administration pour lui donner le répertoire des partis politiques qui se sont déclarés de l’opposition. Et après avoir reçu cette liste, il fait appel à une rencontre avec tous ceux qui ont fait cette déclaration pour définir le fonctionnement du cabinet. Mais c’est regrettable, il a pris les anciens collaborateurs d’Alpha  Condé. Papa Koly actuel ministre d’Alpha Condé n’a ni démissionné, ni demis de ses fonctions. M. Makanera, ce dernier a été démis de ses fonctions, c’est en ce moment qu’on a vu en lui un discours républicain. Mamadou Sylla, M. Telliano aussi.

La procédure de financement n’a pas été respectée aussi. Toutes les dépenses de l’Etat sont mentionnées dans la loi de finance. La seule dépense qui n’y figure pas, c’est le budget du chef de file de l’opposition. Donc ça veut dire que c’est une transaction entre homme et homme. Ce n’est pas une transaction entre l’Etat et une institution. Ce qui fait qu’à nos yeux, c’est un acte de corruption. Le corrupteur, c’est Alpha, le corrompu, c’est Dalein. Nous regrettons, le président Dalein, il n’y a pas quelqu’un qui est proche au pouvoir en 2020 plus que lui.

Donc il doit être exemplaire. Il ne faut plus fermer les yeux sur l’intérêt de votre frère ou de votre allié même s’il est en erreur. C’est ce qui nous est arrivé. Le président Alpha quand il était dans l’opposition, il commettait beaucoup d’erreurs. On fermait les yeux là-dessus et quand il est arrivé au pouvoir, il a continué à faire les mêmes erreurs. Par exemple le président Alpha n’a jamais organisé de congrès au sein de son parti, habitué à cela, il a peur d’organiser les communales. Le RPG est membre de l’internationale socialiste. C’est le président Alpha qui voyageait dans toutes les réunions. Aucun cadre ne voyageait, ce qui fait qu’aujourd’hui, aucun ministre ni Premier ministre ne voyage. C’est lui seul qui voyage, parce qu’il est habitué à ces pratiques. Nous l’avions toléré. Nous le regrettons.

Parlez-nous de cette alliance en gestation dont vous êtes l’un des initiateurs ?

Nous sommes en train de mettre une véritable alliance gagnante. L’alliance qui voudrait fédérer toutes les forces politiques en vue de conquérir le pouvoir. Nous sommes tous conscients que nous avons 2 blocs aujourd’hui qui sont trop suffisant pour ne pas dire arrogant. A regarder aujourd’hui la mouvance présidentielle qui est en train de sommer tous ses alliés à soutenir exclusivement les militants ou les candidats du RPG/AEC, ils n’ont pas présenté d’autres candidats et aucun de ces partis encore n’a un accord avec le parti au pouvoir. Ils se disent tous souteneurs des actions du président de la République. C’est comme s’ils se transformaient en mouvement de soutien et ils sont menacés à ne pas présenter des candidats. C’est extrêmement révoltant. Mais ceux-là, sont là parce qu’on les distribue des sacs de riz à la fin du mois. Un parti politique ne doit pas se comporter de la sorte.

De l’autre côté, l’UFDG dit qu’il ne veut plus remorquer d’autres partis politiques. J’appelle ça suffisant pour ne pas dire arrogant. Donc, nous qui sommes minimisés, nous avons besoin de fédérer nos petites forces en vue de créer une grande force et qui peut être une force protectrice, parce que ces deux blocs représentent une vraie menace aujourd’hui. Quand ils ne sont pas contents, le pays est paralysé. C’est pourquoi, il faut une autre force salvatrice, libératrice et c’est ce que nous sommes en train de mettre en place.

Quels sont les partis qui composent cette alliance ?

Aujourd’hui, vous avez au moins 10 leaders de partis politiques Certains qui sont même représentés à l’Assemblée. Vous avez le PADES de Dr Ousmane Kaba, l’UFR de Sidya Touré, le PGRP de Alpha Ibrahima Syla Bah, le PEDN de Lansana Kouyaté. Pour le moment l’alliance n’est pas effective, mais ceux qui ont accepté de travailler ensemble, vous avez l’UFC d’Aboubacar Sylla qui se fait représenter pour le moment dans nos réunions, les NFD de Mouctar Diallo également. Donc l’alliance n’est pas créée d’abord, mais tous ceux qui participent ont exprimé leur souhait d’être ensemble et c’est ce qui est important. Le cadre de travail, c’est ce que nous sommes en train d’élaborer en vue d’en faire une charge qui va nous lier et nous avons pour ambition de présenter des listes communes pendant les élections locales et législatives si le temps nous le permet.

Récemment, Aboubacar Sylla a interpellé l’opposition à changer sa stratégie en vue de gagner les élections. Qu'en pensez-vous?

Je crois qu’il a raison. On ne peut pas continuer à commettre les mêmes erreurs en espérant avoir des résultats différents. Donc la logique voudrait qu’on améliore notre façon de faire et ça ne peut se faire que dans un esprit collégial, pas avec l’exclusion. Je pense que toute l’opposition devrait se donner la main en vue de définir le cadre même de notre collaboration. Parce que l’opposition républicaine n’a pas d’objectif, il faut le reconnaitre.

Tout ce qui lie l’opposition républicaine, c’est comment unifier leur force, organiser les jeunes en vue d’emmerder le président Alpha et sa gouvernance. Mais quelle est la stratégie à mettre en place pour conquérir le pouvoir, après Alpha il y en a pas. L’opposition doit améliorer sa façon de faire. Si non sincèrement ce que le président de l’UFC Aboubacar Sylla a dit exactement c’est ce qui va se passer et nous serons tous perdants. Lorsqu’on sait que le président Alpha a une obsession démesurée pour un 3ème mandat, au même moment le chef de file de l’opposition ne se bat pas pour unifier toute l’opposition en vue de barrer la route à Alpha. Je crois qu’il y a de quoi craindre et c’est pourquoi nous sommes en train de créer une force qui va fédérer tous les Guinéens. Nous préparons la succession du président Alpha en 2020. 

Quelle lecture faites-vous de la grève des enseignants qui sévit dans le pays ?

Je félicite d’abord M. Aboubacar Soumah qui est à la tête de ce mouvement, qui a résisté à plusieurs tentations, qui est en train de défendre sincèrement les syndiqués. Il faut reconnaitre que toutes ces revendications ne sont pas récentes. Une promesse a été faite qu’à ce mois-là, ces revendications seraient réalisées. Nous sommes maintenant au mois de novembre, rien n’a été fait, alors que ce sont eux qui ont réveillé la conscience des gouvernants pour répondre promptement à cette préoccupation syndicale, obliger le gouvernement à réaliser toutes ces promesses. Je crois que c’est ce qui est salutaire contrairement à d’autres syndicats qui étaient avec M. Soumah qui ont accepté des nominations, bénéficié des décrets du président çà et là. Aujourd’hui, M. Aboubacar Soumah mérite une médaille en or. Donc nous le soutenons vigoureusement.

Entretien réalisé par Sadjo Diallo

Le ministre de l’Unité nationale et de la citoyenneté, Kalifa Gassama Diaby, était l'invité de la Radio Espace fm. Il a saisi l'opportunité pour expliquer en profondeur le civisme auquel bon nombre de citoyens guinéens sont confrontés. M. Diaby a  promis de l’innovation par rapport à la semaine nationale de la citoyenneté qui doit avoir lieu dans quelques mois.

La SENACIP, la première édition a été organisée. Quel enseignement peut-on tiré clairement d'elle  parce qu’on sait  que c’est la deuxième édition qui est aujourd’hui en train d’être préparée ?

Permettez moi avant d’aborder cette question de profiter de cette antenne pour lancer un appel à nos compatriotes de Kamsar et de Boké. Nous respectons leurs frustrations, nous respectons leur mécontentement et je voudrai que les familles, les hommes, les femmes, les  jeunes, les autorités, religieuses, morales, la société civile de Boké, de Kamsar qui nous écoutent, il est important que nous n’agissions pas dans des directions qui nous amènent vers l’impasse.

Je voudrais les inviter, les prier, les appeler à la modération, à cesser toute acte de violence, à faire en sorte que nous puissions user de nos intelligences pour régler des problèmes.

Nous savons qu’il y a un vrai problème dans ce pays. Il y a un vrai problème de rapport de confiance entre nos concitoyens et l'Etat. C’est une réalité, c’est une évidence qu’on ne peut pas nier. Nous savons aussi qu’il y a une chaîne de corruption dans ce pays qui amène les citoyens parfois à des situations de désespérance. Je les invite au calme. Je les prie d’observer le calme. Je les prie de faire en sorte que nous puissions discuter dans la paix et cela n’enlève rien à la légitimité de leurs revendications. Mais, je rappelle encore par respect et parce que nous devons la vérité à l’Etat et aux partis politiques surtout à ce peuple qui a le droit bien entendu au bonheur,  à la bonne condition parce que nous devons cette vérité, que nous devons leur dire que la violence n’est ni une solution ni une issue.

Alors, j’invite l’ensemble de la jeunesse de Kamsar, de Boké de se ressaisir, de se retrouver de faire des propositions concrètes et de se défendre par l’intelligence pour que l’Etat les écoute. Et l’Etat doit les écouter mais la violence n’est ni une méthode acceptable ni un moyen approprié justement pour leur permettre de rentrer dans leurs droits en tant que citoyens guinéens. Et j’espère que cela sera entendu. Nous le faisons dans l’intérêt de nos pays.

Je les appelle au patriotisme pour que ce pays puisse se retrouver sa sérénité parce que chaque drame à Kamsar, à Boké, c’est un drame pour l’ensemble du peuple de Guinée.

Nous ne souhaitons pas des drames que des familles soient endeuillés, que des familles aient des douleurs, que des jeunes soient touchés, que des services de sécurité soient touchés. Il faut en Guinée que nous nous calmons et que nous nous retrouvons pour se parler. Et pour trouver des solutions à des vrais problèmes qui sont posés pour que l’Etat assume sa responsabilité et il doit assumer, s’il n’assume pas, c’est une faute.

Revenons sur la question, quel enseignement vous tirez sur la première édition ?

Comme vous le savez, le mois de juillet en 2016, l’ensemble des groupes à l’assemblée nationale ont bien voulu adopter à l’unanimité  un projet de loi qui est inspiré par la nécessité d’un autre pays de parler de cette problématique du pays ou de la nation et de la paix dans notre pays. La première édition était l’année dernière au mois de novembre. Les premières leçons qui sont vraiment encourageantes, c’est d’abord l’accueil de nos concitoyens, l’enthousiasme populaire qui a accueilli cette initiative. Cela révèle que nos concitoyens sont conscients de la nécessité absolue pour notre pays de retrouver le chemin de la normalité, de la sérénité et du civisme.

Nous avons comme vous savez la première édition poser une thématique qui nous permettait d’abord de faire connaitre cette idée, faire connaitre ce projet et cet évènement. Nous avons vu à travers l’ensemble du pays, l’intérêt de notre citoyenneté à cet évènement. Nous avons aussi compris lors de cette première édition, l’immensité de la tâche. La nécessité de continuer à travailler sur la problématique qui reste centrale pour nous puisque, c’est vraiment le préalable à une société apaisée, une société de droit et de liberté de responsabilité mais aussi pour notre idéal de nation.

Nous avons accueilli cet enthousiasme de nos concitoyens comme étant d’abord un devoir qui s’impose à l’Etat de mettre en œuvre pas simplement à travers la semaine de la citoyenneté mais aussi et nous travaillons aussi avec les différents ministères en charge des questions de l’éducation, de mettre en place une véritable structure d’éducation qui soit dans les écoles du primaire jusqu’au dans les universités pour que nous puissions enseigner le civisme. Le civisme, c’est la manière, la bonne manière pour nous permettre de vivre ensemble, de nous respecter, de nous écouter, de respecter la loi, les  institutions et de défendre pleinement ses droits et ses libertés.

Nous avons aussi constaté à quel point, il est nécessaire d’associer l’ensemble des acteurs à cet évènement. La société civile qui se bat déjà sur le terrain qu’elle soit associée. Je veux rappeler ici, c’est un évènement pour la société civile, demain ce ministère peut disparaître, cet évènement doit être récupéré par l’ensemble des acteurs qui puissent s’inscrire dans ce dynamique de travail. Je voudrais dire à nos concitoyens, ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il faut renoncer au travail.

C’est difficile ce travail parce que nous avons trop laissé de temps passé pour s’occuper de cette question. Il faudrait donc qu’on se retrousse les manches ; qu’on soit engagé dans une détermination  à continuer à travailler parce que c’est la seule solution qui vaille dans ce pays. Une société des citoyens où tous les Guinéens quelle que soit leur origine, leurs opinions, leurs positions sociales puissent jouir de même droit, de même liberté et puis se faire face aux mêmes responsabilités.

Est-ce que vous croyez à cette semaine de la citoyenneté sans l’implication du ministre de la Justice? La semaine de la citoyenneté ça entraine un idéal mais ce n’est pas pour autant Conakry n'a cessé d’être sale. Dans les manifestations, on continue de casser. Que vaut la semaine de la citoyenneté sans un accompagnement véritable de la justice ?

Je crois que le propre des  sociétés est en crise. Les sociétés en crise sont des sociétés impatientes. Après 30 ans ou 40 ans d’incivisme, il serait présomptueux et même cela relèverait de la folie de penser qu’une édition pourrait régler un problème qui dure depuis 30 ou 40 ans. Cet évènement pour l’évaluer, on n’est pas de l’ordre du quantitatif et de l’ordre du qualitatif. C’est un travail de longue haleine. Il y a deux pays en Afrique qui ont cet évènement. C’est le Burkina qui le fait depuis 14 ans. J’invite tout un chacun à aller sur le site internet à suivre le discours de cette année de la 13ème Année de l’organisation de la SENACIP. Si vous voyez, vous écoutez le discours du ministre et du président Burkinabé, vous aurez l’impression qu’on parle de la Guinée après 14 ans d’évènement.

L’être humain n’est pas une machine, lorsqu’on a laissé le dégât moral s’installer dans le comportement et dans l’habitude de nos concitoyens, vous critiquez, je les ai entendus, ils sont nécessaires mais cela doit permettre d’améliorer. Et non pas de dire soit, on a une solution magique, soit on arrête tout. Il fait se battre, il faut travailler et je vais vous dire sur la question de ministère de la Justice, il faut travailler là-dessus, une édition ne suffit pas et la semaine de la citoyenneté ne serait pas la seule action pour travailler dans l’éducation civique.

Pour ce qui est du ministère de la Justice, je crois qu’il faut éviter dans notre pays, le mélange de gens. Lorsque vous volez, cela ne relève pas du civisme, cela relève du pénal. Le ministre de la Justice son rôle, c’est de permettre aux Guinéens, les victimes de rentrer  de leurs droits, les coupables de répondre de leurs méfaits devant la loi. Il n’y a pas de mélange de gens. Vous savez  quelques fois,  on m’appelle quand il y a eu de drame, notamment ce compatriote qui s’est fait lyncher et bruler en banlieue. On m’appelle, on me dit qu’est-ce que vous en dites ? Vous qui s’occupez du civisme dans notre pays cela ne relève pas du civisme, cela relève de la criminalité. Je vais vous rappeler, le système éducatif est fait de deux paliers. La promotion, l’éducation et la sensibilisation sur la valeur et la sanction.

La difficulté dans notre pays notamment les acteurs de la société civile qui sont pleinement investis sur ce travail, nous travaillerons énormément sur la question de la sensibilisation, l’éducation mais il n’y a pas suffisamment de sanction. La culture d’impunité est tellement ancrée dans notre pays, il faut donc qu’il y ait ces deux pieds : la carotte et le bâton; que nous soyons en mesure d’une part à sensibiliser, d’autre part de sanctionner.

Nous voudrons savoir parce qu’on a suivi déjà des réactions par rapport à cette deuxième édition. Je voudrais qu’on sache, c’est quoi le thème de cette année ?

Le thème de cette année, nous avons proposé au gouvernement qu’il a accepté. Que nous invitons l’ensemble de nos concitoyens à l’occasion de cette deuxième édition à réfléchir sur le rôle que doit jouer le citoyen dans la construction de la nation. La thématique de cette année, c’est le citoyen dans la construction de la nation avec un slogan ‘’un peuple, une volonté, une nation’’. Nous considérons et cela est absolument essentiel pour notre pays, la question de la nation est la question la plus centrale avec la répercution de respect de droit et de la liberté, la question de la justice puisque nos compatriotes exigent la justice à plein droit et rappeler à nos concitoyens que chacun peut agir, peut faire quelque chose pour permettre à cette nation d’émerger, de se consolider et d’être un espace d’épanouissement pour chacun d’entre nous. La nation ne se construit que par la volonté.

Je rappelle encore, la semaine de la citoyenneté, ce n’est pas une espèce de panacée. C’est une occasion d’aborder les problématiques et de permettre à l’ensemble des acteurs de la société à partir de ce problématique, justement d’engager des actions pour la continuité. Je ne suis pas à tous les postes de responsabilités. Je n’organise pas la semaine et je fais le suivi dans tous les domaines de la vie de la nation. La justice à partir de la semaine de la citoyenneté doit continuer à prendre ses responsabilités.

Vous étiez au Conseil des ministres à l’occasion duquel vous avez présenté le projet. Il y a le chiffre de budget qui est apparu et depuis on entend des critiques fusées de partout de la part d’une certaine frange de la population. Beaucoup ne comprennent pas trop qu’on puisse engager 8 milliards cinq cent millions  dans l’organisation de cette semaine nationale de la citoyenneté comparativement aux difficultés que connait le pays sur le plan des infrastructures et sur le plan d’autres défis. Comment vous avez entendu ces critiques, ces différentes réactions et comment vous-mêmes, vous y réagissez ?

Je pense que les critiques, les réactions de nos concitoyens, c’est quelque chose de normal et que des gens puissent avoir des réactions que des gens puissent s’interroger sur un certain nombre de choses. Je voudrais simplement définir trois choses. La première chose, c’est d’abord le budget dont on parle qui est un budget qui a été proposé qui n’est pas obtenu. Donc, ceux qui pensent que c’est un budget qui a été  obtenu, pour l’instant, je peux leur dire que nous n’avons pas un centime de ce budget, la première chose.

La deuxième chose, je crois que tout est relatif s’il y a des concitoyens qui pensent que huit milliards, c’est beaucoup pour cet évènement. Je respecte cette opinion. Je crois que nous sommes dans une société. Nous nous battons pour la liberté d’opinion et de leur expression. C’est quelque chose que nous respectons absolument  puisque c’est un point de vue. Il faut respecter ce point de vue. Toutefois, c’est l’élément qui me parait essentiel. Ce qu’il faut éviter dans notre pays, ce sont les insinuations. Et je voudrais profiter de cette occasion pour dire un certain nombre de choses tout à fait net et clair sans ambiguïté  au temps. Je permets, c’est normal,  je respecte les citoyens qui ne sont pas d’accord avec le montant ou avec même l’évènement. Chacun est libre, je les respecte profondément. Je voudrais mettre en garde nos frères  dans le plus grand respect, ce que je ne peux pas accepter, c’est que je n’accepterai pas qu’on mette en doute ou en cause mon honneur et mon intégrité. J’ai travaillé dans ce pays pendant cinq ans. Je n’ai  jamais dans ce pays fait quelque chose avec le denier public en dehors de la loi. Je le dis la façon la plus solennelle.

On peut ne pas être d’accord avec moi, on peut ne pas m’aimer. Je suis un homme honnête, je respecte le bien public. Ces huit milliards ne sont pas pour moi, ne seront jamais pour moi. Je viens d’une famille modeste, je n’ai jamais été élevé dans le culte de l’argent ou d’obsession d’argent. Je voudrais que cela soit dit, qu’on critique le montant, qu’on critique le projet mais je n’accepterai pas qu’on mette mon honneur en cause parce que je n’ai jamais dans cette fonction depuis cinq ans, je ne m’en suis jamais enrichi et d’ailleurs, je profite de l’occasion pour rappeler les uns et les autres, un certain nombre de langage qui contribue d’ailleurs à banaliser l’autorité de l’Etat.

Vous entendez des acteurs de la société civile, des acteurs politiques qui viennent dans les médias et dire au gouvernement tout le monde est corrompu. L’Etat, ils sont tous riches. Je suis désolé, je le dis ici et je m’adresse à mes concitoyens, je ne suis pas un homme corrompu. Je mets au défi quiconque dans ce pays de prouver le contraire. Je suis un homme qui est attaché au respect du dénier et du bien publics. Que cela soit dit et entendu.

Comment allez-vous atteindre vous objectifs sans répression ?

Moi, je suis parfois assez sidéré de fait qu’on essaye d’expliquer une évidence qui ne passe pas. Je n’ai aucun pouvoir légal de réprimer.

Est-ce qu’il y a une synergie d’actions entre les différents départements?

C’est ce que je vous explique. Tout que vous dites là existe. Il y a un comité national d’organisation dans lequel tous ces départements sont impliqués. Je vous dis aussi une chose banale. Je vais vous faire une confidence  si j’avais dans ce pays le pouvoir de sanctionner, ça se saurait toute suite parce que je serai implacable. Ce qu’on me demande de faire, c’est de définir une politique publique de promotion et d’éducation en matière de civisme. C’est ce que je fais, au-delà, je ne fais que le recommander. Je ne suis pas le tout propriétaire de l’action alors vous pouvez me demandez sur ce que je fais. Je vous direz ce qui doit être fait mais de grâce tout n’est pas sur ma tête. Dans le comité, il y a le ministre de la Défense, il y a le ministre de la Sécurité, il y a le ministère de la Justice, il y a le ministère de l’Education, il y a le ministère de la Jeunesse, il y a le ministère des Sports. Nous proposons au gouvernement une politique publique cohérente et structurée. Il appartient à chaque département de faire son travail.

Nous avons dit dans ce pays depuis cinq ans que tant qu’il n'y a pas de sanctions, les efforts d’éducation seront difficiles et d’ailleurs c’est pour cela que le dynamisme de la société civile puisqu’il faut la saluer et sur le terrain parfois atténuer parce que justement, il n'y a pas de sanctions. L’impunité est installée autant on peut être d’accord sur le constat, autant ce n’est pas de ma responsabilité parce que je n’ai aucun pouvoir d’action de sanction.  Cela relève soit de la sécurité soit de la justice. Et un effort doit être fait dans se sens. Je pense que c’est compris de la part de différents départements. Je suis d’accord de faire le constat mais ce que je vous dis, je ne fais que ma part de travail.

Quelles sont les activités prévues, parce que l’année dernière vous avez demandé sept milliards donc c’est important de préciser combien on n’a mis à votre disposition. On suppose que huit milliard c’est énorme ?

L’année dernière nous avions demandé environ sept milliards cinq millions et quelques. Dans les sept milliards, nous avons réussi un milliard cinq cent du ministère du Budget. Et les sept milliards cinq cent de plus c'est-à-dire pour arrivée à trois milliards deux-cent quatre vingt quatorze millions. Nous avons laissé un milliards 700, nous l’avons pris dans notre budget de fonctionnement. Donc, l’année dernière sur sept milliards et quelques, nous avons reçu trois milliards de la part du budget et la moitié de mon propre budget de fonctionnement. Donc vous voyez, il n'y a pas de différence énorme par rapport aux deux années alors cette année, il y a énormément d’activités et d’innovations.

Première chose contrairement à l’année dernière, il y avait un délai, un temps qui était assez tenu. Cette année, je rappelle, c’est une activité sur l’ensemble du territoire national dans les 33 préfectures et les cinq communes de Conakry. Cette année, les agents iront dans les préfectures. Une semaine avant le premier novembre, ils vont s’installer pour prendre attache avec l’ensemble des acteurs locaux. Je rappelle que chaque préfecture a un comité préfectoral qui est composé du préfet, du maire, de la jeunesse, les directions de l’éducation, des responsables religieux, des responsables locaux de la société civile. Donc ces comités préfectoraux existent. Première innovation. Ils seront sur place pour installer des tentes sur les places publiques  et prendre contact avec les autorités de l’éducation, la société civile locale, les responsables traditionnelles, les autorités locales décentralisées ou déconcentrées pour justement préparer le terrain à l’évènement, première innovation.

Deuxième innovation de cette année: nous avons proposé au gouvernement et au Chef de l’Etat qui l’a accepté. La création à partir de cette année de deux prix. Le prix national du civisme et le prix de la paix parce que nous considérons que très souvent dans notre pays, la nation n’est pas reconnaissante pour ceux qui font du bien pour et à la nation. Il faut donc instaurer cette pratique républicaine pour la nation d’honorer ses meilleures filles et ses meilleurs fils qui travaillent pour la promotion du civisme et  la paix. Je vais rappeler que ces deux prix, tout le monde peut y concourir et en tant que personne physique, les personnes morales mais aussi les entités territoriales.

 Au niveau du prix du civisme, il y a le premier prix, le deuxième et le troisième prix c’est la même chose pour le prix de la paix. Ce qui est important avec ce prix, c’est de permettre à notre pays de créer et d’entretenir et de reconnaitre la place de modèle dans la société. Et que la nation puisse octroyer un prix avec des enveloppes qui accompagnent ce prix, à une association, à une ONG, à une personne morale, à une personne physique, à un village, à une préfecture pour dire la nation reconnait les efforts que vous faites dans le domaine du civisme et de la paix. Ça, c’est une innovation, cette année.

Troisième innovation. Nous considérons que pour construire la nation puisque c’est la thématique de cette année, il faut aussi user de l’histoire. L’histoire est un élément essentiel du processus d’édification de la nation. Nous avons proposé au gouvernement qui l’a accepté d’enclencher et d’engager un processus de baptême de nos places publiques ou rappeler l’histoire de nos héros dans ce pays. Les héros politiques, les héros religieux, nos héros traditionnels. Les fondateurs de certaines grandes localités mais de veiller à ce qui est important de créer une dynamique d’assimilation. Par exemple, nos héros religieux, sociaux, politiques, traditionnels du Fouta seront identifiés, leurs noms seront donnés à des place publiques, et d’autres localités pas de Fouta pour permettre aux enfants de ce pays de savoir que nous avons et que nous pouvons avoir une nation et que monsieur tel qui est né de telle région lui donner, le nom d’une autre région et que les enfants de cette région se rappellent que cette nation a été aussi construite par monsieur tel qui n’est pas de sa communauté d’origine, inversement. Le baptême de places publiques sera célébré.  Chaque ministre parrainera une préfecture dans les 33 préfectures pour justement donner toute la solennité à cet évènement.

Une Synthèse d’Alpha Amadou Diallo                            

           

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