Du 25 au 27 juillet, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a réuni à Conakry une quinzaine de cadres pour les former sur l’utilisation de la base des données géo-référencées des forêts galeries et des têtes de sources d’Afrique de l’Ouest. C’est une carte interactive des forêts galeries et des têtes de sources mise en place en 2016 à la faveur du Partenariat pour la Gouvernance Environnementale en Afrique de l’Ouest. Cet outil permet de comprendre les évolutions de ces importants écosystèmes dans le temps et dans l’espace et ainsi aux décideurs et planificateurs de prendre des décisions sur le niveau de dégradation dans les grands bassins hydrographiques de l’Afrique de l’Ouest.

Selon les organisateurs, dans le cadre du processus d’opérationnalisation de la base des données, il est prévu un transfert des compétences aux utilisateurs (administrateurs) pour la gestion et l’administration du portail web afin d’assurer sa pérennité. La rencontre qui s’inscrit dans ce cadre a permis de préparer les futurs gestionnaires à la gestion de la plateforme et à ka planification des activités à mener pour favoriser sa pérennisation. Les bénéficiaires de la formation sont issus du personnel de l’UICN (administrateurs du site) et des organismes de bassin (rédacteurs).  

Les participants ont appris à utiliser le logiciel QSYS qui permet d’introduire et traiter les données. Selon les organisateurs, les différents organismes des bassins (Bassins de la volta, du Niger, du Sénégal, de la Gambie) et la Mano River Union,  disposent de nombreuses données, mais ils manquent d’outils leur permettant de les croiser pour avoir des données précises afin d’assurer un meilleur suivi et une gestion durable des écosystèmes. Le système ainsi créé va être logé dans un des observatoires à partir duquel les autres vont loger leurs données via l’internet.

Trois volets ont été touchés durant les trois jours d’échanges : renforcement de capacité, financement autonome, formulation des propositions. Dans les conclusions, il est question de continuer à renforcer les capacités des organismes des bassins afin qu’ils puissent jouer leur rôle mais aussi les aider à disposer d’un personnel qualifié. Rappelons que les organismes des bassins sont financés à partir des cotisations des Etats, alors que ces derniers ne paient pas à temps ou ne paient pas du tout ; ce qui explique la précarité dans les organismes de bassins, dit-on. Il est également question de penser aux mécanismes de financement : utilisateur payeurs, pollueurs payeurs, la mise en œuvre du partenariat public privé, mais aussi le prélèvement communautaire dans le cadre de la CEDEAO et l’UEMOA. L’atelier a permis de faire des propositions concrètes devant mener à la mise en œuvre de ces mécanismes.

Rappelons que la rencontre a été organisée par l’UICN, la CEDEAO, le Partenariat Ouest Africain de l’eau GWP-AO en partenariat avec le Gouvernement Guinéen.

Fanta Bah

 

La problématique des changements climatiques est devenue une préoccupation mondiale. La Guinée-Conakry ne fait pas exception. Dans ce pays à forte potentialité environnementale, la déforestation, l’exploitation anarchique des  ressources (minières, pétrolières et gazières),   la pollution atmosphérique ou encore les feux de brousse sont une triste réalité.

Face à cette situation alarmante, les acteurs mondiaux en environnement ont décidé de se réunir chaque année, à travers des sommets, des forums, des séminaires et des ateliers pour réfléchir sur les voies et moyens à suivre pour freiner ce phénomène planétaire. D’où l’idée de la réduction des émissions de gaz à effet de serre en deçà de 2°C.

En exemple, lors la COP21, tenue du 30 Novembre au 12 Décembre 2015 à Paris, plus de 190 pays ont pris des engagements, appelé Contribution Prévue Déterminée au Niveau National (CPDN), dans ce sens. A ce niveau, chaque pays a établi des stratégies lui permettant de lutter contre les dérèglements climatiques selon ses réalités environnementales.

Moins pollueurs, les pays de l’Afrique sont les principales victimes de la pollution. Le continent africain est dernier avec un taux de 4%, alors que la Chine occupe la première place avec 25%, puis les Etats-Unis 17%, l’Europe 12% et  l’inde 10%.

Partant de cette réalité, des environnementalistes émettent l’idée d’obliger les grands pollueurs du monde à accroitre les financements des projets innovants pour les pays victimes.

Mais, regrettent-ils ’’cette étape semble être ardue pour les Etats vulnérables, d’où la lourdeur liée aux décaissements des fonds auprès des puissants qui se disent bailleurs de fonds’’.

La Guinée, exposée et sensible aux changements climatiques.

La Guinée-Conakry offre un climat propice pour l’agriculture (pluviométrie moyenne de 1200 mm / an au Nord et Nord-Est, 4000 mm à Conakry et jusqu’à 1800 mm dans les hauteurs du Fouta-Djalon). Elle est à la fois exposée et sensible au changement climatique, et ne dispose que de peu de capacité d’adaptation.

L’augmentation générale des températures moyennes, la baisse des précipitations moyennes annuelles, en particulier dans le Nord-Ouest et le Nord-Est du pays, la modification de la fréquence et de la répartition intra-annuelle des précipitations et l'élévation du niveau de la mer (de l’ordre de 80 cm d’ici à 2100) sont là des conditions climatiques qui pourraient générer des conséquences négatives sur de nombreux secteurs.

A voir son régime pluviométrique modifié, la Guinée devrait continuer à bénéficier de conditions climatiques plus favorables que ses voisins du Nord et pourrait devenir un lieu de transhumance des troupeaux sahéliens plus important qu’à l’heure actuelle, générant d’importants conflits d’usage des terres.

Les risques climatiques pour le pays

Située aux portes du Sahel, une des régions du monde les plus affectées par le changement climatique, la Guinée doit diminuer rapidement sa vulnérabilité au changement climatique : c’est un besoin pour sa population, mais aussi pour ses voisins.

Riche en ressources naturelles, la Guinée est considérée comme un puits de carbone grâce à ses ressources forestières, selon ‘’Communication nationale Initiale, 1994’’.

Par ailleurs, elle abrite la source de plus de 1 000 cours d’eau et de quatre des principaux fleuves d’Afrique de l’Ouest. Mais aujourd’hui, toutes ces ressources sont gravement menacées par les impacts des changements climatiques.

En effet, la situation géographique de la Guinée pourrait en faire un refuge pour les populations des pays sahéliens voisins du Nord, en particulier les éleveurs pastoraux. En plus de cela, la Guinée est d’une grande importance au niveau mondial pour l’industrie de l’aluminium, car elle abrite plus du tiers des réserves de bauxite de la planète.

Pour toutes ces raisons, et afin de contribuer le plus efficacement possible à son développement durable et à celui de ses voisins, la Guinée se veut être un pays stabilisateur de la sous-région à l’horizon 2030, en : préservant et valorisant ses ressources hydriques ; s’efforçant de rester un puits de carbone ; exploitant ses ressources en sols et en sous-sol de manière raisonnée ; portant la réflexion de la CEDEAO pour intégrer davantage les enjeux du changement climatique dans le Plan de transhumance régional.

Pour réaliser cela, plusieurs pistes s’offrent à elle. Parmi ces pistes, citons le développement des énergies renouvelables, l’amélioration de l’efficacité énergétique, la diminution de la pression sur les forêts par la mise en œuvre d’une gestion durable des ressources forestières et des terres, le développement et l’amélioration de pratiques agricoles et pastorales adaptées aux changements climatiques. Son  taux de croissance annuel des émissions est estimé à +4,4%, soit un peu plus d’un doublement tous les 20 ans.

Nécessité de la Guinée à financer son climat

En tout, la Guinée a pris huit engagements qu’elle a assignés dans son INDC. Il s’agit, entre autres d’abord de réduire son émission de gaz à effet de serre moins de 13%, ensuite : 1-Préserver, pour le bénéfice des populations guinéennes et de la région ouest-africaine, la qualité et la quantité des ressources en eau ;

2-Mettre en place les mesures nécessaires à la protection, la conservation et la gestion  des écosystèmes, la redynamisation des activités économiques et le renforcement de la résilience des populations de sa zone côtière ;

3- Accompagner les efforts d’adaptation des communautés rurales pour développer des techniques agro-Sylvo-pastorales qui permettent à la fois de poursuivre leurs activités et de préserver les ressources sur lesquelles elles s’appuient ;

4- Produire 30% de son énergie (hors bois-énergie) par des énergies renouvelables ;

5- Soutenir la diffusion de technologies et pratiques économes ou alternatives au bois-énergie et charbon de bois (SEALL et Stratégie biodiversité) ;

6-Améliorer la performance énergétique de l’économie guinéenne(SEALL) ;

7- Rendre climato-compatible l’exploitation des ressources minières ;

8- Gérer durablement ses forêts.

A ce titre, les autorités du pays ont entamé une campagne de reboisement sur toute l'étendue du territoire national depuis 2016.

« Pour sauver l’écosystème, nous avons planté 121 têtes de sources, malheureusement avec sa destruction récente, 120 ont été envahies, dans la forêt communautaire de Demoudoula (banlieue de Conakry) » nous confie un cadre du ministère de l’environnement, affirmant que ‘’ce processus  est financé par le fonds forestiers, une direction du ministère de l’environnement des Eaux et forêts’’.

En termes d’objectifs stratégiques visant à faciliter le passage des micros projets disparates vers des programmes plus alignés, une approche de développement est en cours depuis l’année 2012.

Il s’agit notamment du ‘’Programme de Conservation de la Biodiversité du Mont Nimba par une Gestion Intégrée participative (PCBDMN), avec un budget de 11. 936 400 USD pour une durée de 9 ans (2005-2014); le Renforcement de la Résilience des Moyens d’Existence des Communautés Agricoles face aux Changements Climatiques des Préfectures de Gaoual, Koundara et Mali (REMECC-GKM), avec plus de 4 millions de Dollars et pour une durée de cinq ans (2014-2018).

Selon le ministère de l’environnement, des Eaux et Forêts « Pour réaliser davantage les projets allant dans le cadre de la mise en œuvre de l’INDC, le pays a besoin pour son adaptation un fonds  jusqu’à 1,7 milliards USD sur la période et pour l’atténuation au moins 6,5 milliards USD sur la période sur le seul secteur énergétique » 

Ceci dit, la finance climat de la Guinée pourrait favoriser  aussi bien la réalisation de ses projets environnementaux, mais va engranger beaucoup  d’emplois et lutter contre les phénomènes liés au dérèglement climatique et corollaires tant en Guinée, mais aussi et surtout dans les autres pays voisins.

Ansoumane Camara, président de la fédération nationale des professionnelles de la filière bois préconise à ce qu’on continue de mettre des plants dans la forêt de Demoudoula  pour le maintien de la diversité et la densité de sa végétation, qui, aujourd’hui présente un visage désolant.

« À voir cette zone avec ses eaux qui coulent dans cette rivière, ces quelques arbres qui sont parsemés sur les deux rives, sous-tend qu’il y a quelques années, le lieu était un site très riche en écosystème.  Mais hélas ! Tout ceci est détruit» regrette Seydou Bari Sidibé, citoyen qui propose à ce qu’un décret soit pris pour désigner Démoidoula comme ‘’ une zone d’intérêt général’’.

De son côté, l’actuel ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts sollicite un accompagnement financier de la part des bailleurs de fonds pour la mise en œuvre de sa politique environnementale.

 «Nous allons consacrer un mois de reboisement de plusieurs sites forestiers dévastés au profit de l’occupation anarchique. Nous avons besoin de fonds conséquent pour continuer ce processus. Nous avons besoin d’un appui financier pour faire  face à l’entretien des sites forestiers et à l’inventeur de ces espaces  qui favorisent l’émergence du tourisme et de son climat » sollicite-t-elle.

Elle en a également besoin pour éviter le risque de la désertification dont elle encourt  à travers l’activité minière et d’autres qui ont créées la dégradation de son écosystème.

Mamadou  Diallo

Le partenariat régional pour la conservation de la zone côtière et maritime en Afrique de l’ouest (PRCM) a animé une conférence de presse ce jeudi 8 juin 2017 à Conakry à l’occasion de la Journée mondiale des océans. Le thème retenu de cette année est « les océans, notre futur ».

Le PRCM est une coalition d’acteurs travaillant sur les problématiques du littoral ouest africain et couvrant sept pays. Il a pour mission la représentation des acteurs et la défense des intérêt de la conservation de la zone côtière et marine(CCM) à l’échelle de la région et à l’international.

Dans son intervention, Ahmed Senhouri, directeur de ladite organisation a rappelé le rôle de la presse dans cette communication avant d’expliquer l’importance et les menaces dont souffre les océans et la zone côtière dans différents pays d’Afrique de l’Ouest, dont la Guinée.

« Le partenariat régional pour la conservation de la zone côtière et maritime(PRCM) mettra tout en œuvre  pour contribuer à la préservation des fonctions et de la richesse des océans et du littoral », affirme-t-il.

Poursuivant son intervention, il ajoutera  que le PRCM est déterminé à mettre à la disposition de tous les acteurs et décideurs notamment ceux de la Guinée suffisamment de connaissances et d’outils qui leur permettraient de prendre les meilleures décision dans l’intérêt de tous. L'humanité célèbre, chaque 8 juin, la journée mondiale des océans et de la zone côtière.

Pour sa part,  Theophile Richard, le directeur du milieu marin au ministère de l’Environnement a expliqué de long en large les efforts consentis par le gouvernement pour la protection des océans guinéens. Selon lui, cela s'est matérialisé par la création de la préfecture maritime.

 Enfin, dira-t-il,  quatre habitants de la Guinée sur dix vivent sur le littoral avant de conclure que toutes les activités économiques et industrielles sont sur cette bande côtière.

Aboubacar Pastoria Camara

“Si une partie seulement de la société profite de certaines richesses, une déprédation de l'environnement - une marée noire ou un nuage toxique radioactif - frappe toutes les classes sociales et traverse les frontières.” Ulrich Beck

La célébration de l’édition 2017 de la journée mondiale de l’environnement s’inscrit dans un contexte particulièrement difficile et désastreux pour la Guinée. En effet, nous assistons de plus à une accélération de la dégradation de l’environnement dans notre pays. Cette réalité à pour conséquence l’altération de la qualité de vie et la santé des populations. Et surtout le dérèglement du fonctionnement naturel des écosystèmes.

Plusieurs facteurs sont à l’ origine de la dégradation continue de l'environnement en République de Guinée. Ce sont:

  1. L'exploitation anarchique des forets par des sociétés comme Foret Forte et par des centaines de particuliers pour le bois de meubles et de construction, le tout sous l'œil complice des agents en charge de la protection des forets;
  2. Les autorisations irresponsables d'exploitation des forets qui n'épargnent aucune forêt classée. C'est le cas des forêts classées de Ziama dans la Préfecture de Macenta et de Diécké dans la Préfecture de Yomou. La forêt de Ziama par exemple a été érigée en forêt classée depuis 1932. Depuis 1980, l’UNESCO l'a conféré le statut de patrimoine mondial de l'humanité. En 1981, elle a été déclarée comme la réserve de la biosphère universelle. Selon les scientifiques, elle abrite 1300 espèces végétales et 547 espèces animales);
  3. L'absence de reboisement malgré la perception des taxes y afférentes payées par les exploitants forestiers par les différentes autorités de l'Etat;
  4. La dépendance des populations du charbon du bois comme source quasi unique d'énergie pour les foyers guinéens;
  5. La pratique de L'agriculture extensive avec ses multiples conséquences (les feux de brousse, l'érosion, etc.)
  6. L'allumage des feux de brousse pour des fins de chasse et par d'autres acteurs malintentionnés;
  7. L'exploitation anarchique des mines sans égard aux exigences de protection de l'environnement;
  8. L'absence de désintoxication et de reconstruction du relief des terres après l'exploitation minière;
  9. Le manque de gestion adéquate des ordures et des déchets produits dans les centres urbains et semi-urbains, particulièrement dans la ville de Conakry.

Le Compte tenu de cette situation alarmante, le Bloc Libéral profite de cette célébration de la journée mondiale de l’environnement pour exhorter le gouvernement guinéen à prendre les mesures suivantes :

  • Vulgariser et faire respecter le « Code de l’Environnement » ;
  • Mener des campagnes de sensibilisations pour inciter les populations à reboiser et à assainir leur environnement ;
  • Accroitre la présences des agents des eaux et forêt dans les zones potentiellement menacées ;
  • Elaborer une politique de développement qui tienne compte de la protection de l’environnement ;

Enfin, le Bloc Libéral saisit cette occasion pour inviter les populations Guinéennes à faire preuve de civisme en mettant la protection de l’environnement au cœur de leurs préoccupations.

Fait à Conakry, le 5 juin 2017

Le Bloc Libéral

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