Mousliou Haidara : « la force ne peut pas dominer à tout moment. Les opprimés peuvent réagir à un moment… »

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Dans un entretien accordé à notre rédaction, Mousliou Haidara, condamne ‘’le tir à balle réelle’’ selon lui contre le chef de file de l’opposition. Pour ce cadre de l’UFDG, ceux qui dédouanes les forces de l’ordre dans cette ‘’tentative d’assassinat’’ sont dans une ‘’fausse théorie’’. Sur la même lancée, M. Haidara se dit pessimiste quant à l’enquête ouverte par le procureur de la République.  

L’heure est grave. Le chef de file de l’opposition selon lui, a échappé à un assassinat hier. Quelle lecture faites-vous de ces évènements ?

Je trouve cela d’abord déplorable et je condamne avec la dernière énergie, de savoir encore que des Guinéens n’ont pas tiré des leçons de tout ce qui s’est passé ailleurs, qui pensent pour leur propre volonté à rester au pouvoir, à faire taire tout contrepouvoir, toute opposition et qui pensent une seconde, à ôter la vie d’El hadj Cellou Dalein un leader aussi populaire et aussi important pour notre pays. Ceux qui ont essayé cela doivent savoir, c’est seul Dieu qui nous a sauvés hier d’une situation qu’on ne pourrait jamais maitriser. Touché El hadj Cellou Dalein aujourd’hui, c’est touché à la majorité des Guinéens, provoqué un affrontement qu’on ne pourra pas gérer.

Donc, c’est pourquoi, il faut condamner avec la dernière énergie et appeler aux bonnes consciences de se lever pendant qu’il est temps pour nous éviter ce que nous avons connu ailleurs. Parce qu’aujourd’hui les gens ont poussé jusqu’à leur dernier retranchement. Si demain cette répression continue qu’El hadj Cellou soit éliminé ou pas, trop ou tard les gens réagirons. Aujourd’hui les gens sont dans un état d’esprit où il se dit il faut utiliser la force pour freiner la force. Donc, on n’est pas loin d’affrontement interethnique, de la guerre civile dans ce pays. Encore une fois, il faut que les gens se ressaisissent, qu’ils sachent que la force ne peut pas dominer à tout moment. A un moment donné, les opprimés peuvent réagir et cette réaction peut nous amener dans une situation ingérable.

Les services de sécurité ont dans un communiqué rejeté l’accusation qui leur porte la responsabilité du ‘’tir à balle réelle’’ sur le véhicule du chef de file de l’opposition. Quel est votre réaction ?

Ceux qui essayent d’emprunter ce déni de discours se trompent d’époque. Nous ne sommes plus dans une époque où on pouvait dissimuler ces genres de chose. Dans tous les documents visuels disponibles, on voit d’abord une pluie de gaz lacrymogène qui a été utilisé pour carrément engloutir le cortège du chef de file et après on voit un agent en tenue de la gendarmerie qui vient s’arrêter devant les véhicules et ouvrir le feu.

Donc, c’est une fausse théorie. C’est une méconnaissance de l’époque que nous vivons, ça n’a aucun sens. C’est un gros mensonge. Les forces de sécurités sont pleinement responsables de cette tentative d’assassinat. Ce qu’il y a lieu de faire au lieu de rentrer dans une négation impossible, c’est de trouver parmi les hommes qui étaient postés, qui avait l’arme, qui a procédé au tir. Je crois le débat doit se porter à ce niveau.

Alors le procureur annonce l’ouverture d’une enquête, est-ce que cette fois-ci, vous croyez à la justice guinéenne ?

Non ! Je fais partie de ceux qui ne croient plus à cette justice guinéenne. Elle ne peut montrer sa capacité, c’est quand il s’agit de trancher sur l’opposition. Ce n’est pas le premier cas, on a déjà 97 cas de mort, aucune personne n’a été identifié et arrêté.

Peut-être ce qu’il faut faire, c’est de demander aux nations unies ou la CEDEAO en tout cas la communauté internationale de faire venir des enquêteurs indépendant pour nous produire un rapport urgent de cet incident et rechercher et punir et extirpé dans les rangs des forces de l’ordre ces miliciens qui ternissent l’image des forces de l’ordre. Que la communauté internationale se saisisse de cette affaire, nous donne les conclusions sur lesquelles peut-être la justice pourra travailler à la limite même porter l’affaire au niveau de la justice internationale.

Votre message à l’endroit des Guinéens

Une fois encore c’est de dire aux gens de se ressaisir parce qu’on ne peut plus faire taire les gens, on ne peut plus confisquer la liberté des gens. Tué Cellou peut être c’est faire créer encore des centaines et des milliers d’autres Cellou. Donc ce n’est pas la solution. La solution c’est de laisser la liberté, d’appliquer la loi, laisser la démocratie, savoir que nous ne sommes plus à une époque où une dictature peut prospérer.

J’encourage les Guinéens a mené le combat pour la démocratisation, pour les libertés et la justice.

Entretien réalisé par Sadjo Diallo

+224 624 37 26 68

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