Grève syndicale : une journée ville morte annoncée le 14 mars prochain par la coalition citoyenne commune

Société Civile

En Guinée, rien ne semble s’éclaircir à l’horizon pour le gouvernement d’Alpha Condé. Outre le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), un groupe d’acteurs de la société civile annoncent l’organisation d’une journée « ville morte le mercredi 14 mars 2018 ».  Dans une déclaration publiée mercredi, deux organisations de la société civile, en l’occurrence « Citoyens Pour la République (CPR) » et la Plateforme des Citoyens Unis pour le Développement (PCUD) » réclament le retour des enfants guinéens à l’école, après pratiquement un mois de grève syndicale.

Selon ces deux plateformes, la Guinée « est plongée dans une impasse profonde qui s’accentue au fil des semaines et des mois. La mauvaise gouvernance politique, économique et sociale et l’impunité qui s’est développée avec elle, ont facilité une progression sans précédent de la corruption et des détournements de fonds publics au détriment de conditions de vie plus dignes pour nos concitoyens ».

Elles ajoutent que « l’ampleur de plus en plus grandissante de cette dilapidation et du pillage des fonds publics, de nos ressources naturelles et autres sociétés et services publics, résulte du comportement d’une petite minorité de ministres, de cadres administratifs et politiques privilégiés, ainsi que de leurs complices nationaux et étrangers ».

Les deux ong mettent aussi en cause l’érection « d’un système de gouvernement qui a accentué la pauvreté et la précarité chez nos concitoyens… devenus … des ‘’laissés pour compte’’ ». « Ce système a également, aggravé le chômage et l’exclusion des jeunes, accru la fragilité des ménages et provoqué le ralentissement des activités des opérateurs économiques, notamment les industriels et les commerçants », déclarent-elles.

Les CPR et la PCUD regrettent que ce soit dans « ce contexte qu’est survenue la grève des enseignants de Guinée, victimes d’une réduction abusive d’environ 40% de leurs salaires de base. » A cet effet, elles parlent « d’injustice » et « d’excès envers cette couche sociale vulnérable ».

Les deux Ong estiment que c’est cynique de la part de l’Etat de mener les enfants guinéens vers « une année blanche par la faute d’autorités corrompues »

De ce fait « la société civile guinéenne, les Jeunes citoyens de Guinée et le mouvement ‘’Citoyens Pour la République’’ réunis au sein d’une coalition citoyenne commune, réitèrent leur soutien au SLECG et appellent à la fin des négociations au plus tard le vendredi 9 mars 2018, en vue du retour rapide des enfants dans les salles de classe. Ils condamnent les pratiques injustes envers notre société, que les guinéens ne peuvent plus accepter », mentionne-t-on dans la déclaration.

La coalition citoyenne commune appelle les Guinéens de toute catégorie à « un sursaut national de solidarité envers les élèves et leurs enseignants, qui ont un sort commun »

Amadou Kendessa Diallo

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