Discours de fin d’année de Cellou Dalein : du désespoir à l’optimisme

Politique

A l’occasion des fêtes de fin d’année, le chef de file de l’opposition et président de l’Union forces démocratiques de Guinée (UFDG) s’est adressé à ses militants et au peuple de Guinée. Cellou Dalein Diallo a, à l’entame, rendu un vibrant hommage aux victimes de manifestations politiques avant de souhaiter que  « l’année 2017 soit une année de santé, de bonheur et de prospérité » pour les filles et fils de Guinée. Le président de l’UFDG a exprimé aussi sa solidarité aux familles de victimes, des mutilés, paralysés ou détenus.

 

« Mes hommages vont également aux nombreuses victimes de l’injustice sociale, de l’insécurité, des accidents mortels de la route, de la corruption à petite et grande échelle, des erreurs médicales, d’Ebola et de la mauvaise gouvernance, sources de bien des déboires que traverse notre pays », évoque-t-il

Selon le président de l’UFDG, « la démocratie a besoin d’une presse courageuse portant les marques de la liberté, de l’objectivité et de la critique. Je salue les efforts qui sont faits et encourage la volonté de rendre le métier encore plus professionnel ». Cellou Dalein est conscient du rôle qu’elle joue « dans la construction de notre démocratie »

A l’en croire, l’assassinat du journaliste Mohamed Koula reste un moment difficile. Pour cela, dit-il, « j’ai une pensée particulière pour [lui]. Sa mort dans l’exercice de son métier continue de susciter en moi une forte émotion ». Il a aussi regretté la disparition du « jeune journaliste Cherif Diallo porté disparu depuis plus d’un an et demi ».

Par ailleurs, le président de l’UFDG a salué le courage  et la bravoure des Guinéennes pour leur combat quotidien. « Il est temps qu’elles se voient accorder une place à la hauteur du rôle fondamental qu’elles jouent dans la vie de la nation », martèle-t-il.

En désaccord avec la gouvernance actuelle, l’opposant a dénoncé un « enseignement bâclé, des programmes mal ficelés, des années de démagogie et de mauvaise gouvernance [qui] ont eu raison du rêve de nombreux jeunes guinéens qui la plupart n’ont pour seule perspective que l’exil. Ce sont autant de rêves brisés, de compétences piétinées, de talents découragés ou méprisés ». 

Pour lui, le seul espoir  pour la jeunesse guinéenne est de braver le désert et la méditerranée, de partir loin de la précarité qui la retient en otage ». Or, soutient le leader de l’UFDG, cette jeunesse « est le levier du rassemblement national et de la réconciliation dont nous avons besoin ».

L’opposant au régime d’Alpha Condé, estime à cet effet, que tous les Guinéens sont « logés à la même enseigne face à la pauvreté qui va crescendo, au chômage massif, à l’insécurité galopante, à l’absence criarde de perspectives pour nos jeunes, à la corruption généralisée, à l’état de déliquescence de notre administration, de nos routes, de nos écoles et de nos hôpitaux ».

Pourtant, explique CDD, « cette situation de souffrance dans laquelle se trouve notre pays n’est pas une fatalité. Elle est le résultat de la mauvaise gouvernance et d’un manque de solidarité avec les plus vulnérables ».

L’ancien Premier ministre a déploré le manque de réalisations des infrastructures de base qui est, selon lui, « la conséquence de la corruption qui a cancérisé notre Etat » et qui « aggrave l’appauvrissement de la population et retarde le développement du pays ».

Dalein dénonce la violation du code des marchés publics

Le chef de file a réitéré sa position qu’il a toujours défendue par rapport à l’octroi des marchés publics. C’est pourquoi, dans son discours de l’an, il dit avoir élevé la voix, « dès janvier 2016…pour condamner la corruption galopante qui gangrène l’administration actuelle de notre pays à travers les marchés de gré à gré qui ont atteint en un an l’équivalent d’un milliard de dollars ».  En dépit de tout, regrette l’opposant, il n’y a eu « aucune sanction administrative ou judiciaire » pour les présumés coupables.

« La mauvaise gouvernance qui prévaut actuellement constitue un réel danger pour l’avenir de notre pays en ce sens qu’elle conduit à l’effritement progressif de la confiance des citoyens vis-à-vis de l’Etat et de nos institutions », estime Cellou Dalein Diallo.

Très critiqué ces derniers temps par ses pairs de l’opposition, le président de l’UFDG a invité tous les militants de son parti et de l’opposition, et au-delà, tout le peuple de Guinée « à rester mobilisés pour l’aboutissement de notre combat pour l’instauration de l’Etat de droit et d’une vraie démocratie dans notre pays ».

Malgré toutes ces dénonciations, Dalein est animé d’un « optimisme [qui] prend sa source dans le fait que l’UFDG est devenue une force cohérente que la nation considère comme un recours puissant et résolu ». « (…) A cette marche vers la réussite de nos ambitions pour la Guinée, je voudrais associer toutes les forces de l’opposition. Je saisis cette occasion pour les appeler à maintenir, contre vents et marées, leur cohésion », rouspète-t-il.

Pour lui, « aucune polémique ne doit détourner [les Guinéens] de l’essentiel, même pas celle relative à un hypothétique troisième mandat ».

Amadou Kendessa Diallo

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