Bras de fer UFR-Cheick Touré: " une fuite en avant du parti", selon un juriste

Politique

Depuis la démission de Baidy Haribot à l’Assemblée nationale suite à sa nomination comme vice-gouverneur de la Banque centrale, une bataille judiciaire est engagée entre l’UFR et son suppléant. L’Union des forces républicaines s’oppose à la prise de fonction de Cheik Touré qui, il faut le rappeler, est le suppléant de Baidy Haribot. Selon les responsables du parti de Sidya Touré, Cheik Touré n’est plus membre de l’UFR. Par conséquent, il ne doit pas siéger à l’Assemblée nationale. Cependant le juriste Karamo Mady Camara a une autre lecture du différend qui oppose les deux parties. Il estime que seul Cheik Touré est habilité à remplacer Baidy Haribot.

« La position de l’UFR est en totale contradiction avec la règlementation et la législation en vigueur. D’autant plus que la suppléance vise à faire remplacer le titulaire par le suppléant dans l’optique soit d’une démission, soit d’une destitution ou d’un décès. En l’occurrence, il s’agit d’une démission. Parce que le titulaire qui est M. Baidy Haribot a bénéficié d’un décret présidentiel le nommant vice-gouverneur à la Banque centrale. Systématiquement, son suppléant devait être celui qui bénéficie normalement le remplacement au niveau de l’Assemblée nationale. Malheureusement, l’UFR adopte une position qui est basée sur une argumentation politique qui n’est pas du tout juridique », nous confie, d’entrée de jeu, Karamo Mady Camara. Il faut rappeler que l’UFR argue que le suppléant de Baidy Haribot en l’occurrence Cheik Touré n’est plus membre de l’UFR.

Mais objectivement, selon le juriste « il y a que dans les archives de la CENI, il y a qu’au niveau de la Cour constitutionnelle, le suppléant de Baidy qui est désigné parce que les élections se sont passés et le peuple s’est prononcé en fonction de la liste qui lui a été soumise. Et sur cette liste, évidemment, c’est lui qui a été désigné ».

Plus loin, à en croire le juriste, l’UFR pouvait bien remplacer le suppléant de Baidy Haribot. « S’il devait y avoir normalement une sorte de refus de l’UFR, il fallait anticiper déjà sur cela pendant même que le titulaire était en fonction, qu’ils fassent constater déjà l’exclusion en ce moment de son suppléant du parti. Si cela avait été fait formellement, en ce moment, on pouvait bien évidemment procéder à cela, faire savoir cela à la cour constitutionnelle et tirer les conséquences juridiques qui s’imposent. Mais en l’état actuel, c’est une fuite en avant. Je crois que si les juridictions sont saisies sur la question, elles vont souverainement trancher », déclare Karamo Mady Camara.

Sadjo Diallo

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