Guinée: la problématique de l'impunité en débat à Conakry

Politique

Le ministre de l'Unité nationale et de la Citoyenneté  a lancé ce mercredi les travaux de l'atelier de concertation sur la problématique de l'impunité en Guinée. La cérémonie d'ouverture s'est tenue dans un complexe hôtelier de la place en présence du chef de la délégation de l'Union européenne, Gérardus Gielen et des représentants des ong de la société civile.

Pendant deux jours, les participants à cet atelier vont discuter des enjeux et défis de la problématique de l'impunité. "La problématique de l'impunité [en Guinée] constitue l'une des urgences légitimes auxquelles nous devons faire face dans la perspective de placer notre pays dans le concert des Etats respectueux des droits de l'homme", a déclaré Kalifa Gassama Diaby. Car, selon lui, "l'impunité avant d'être une question de procédure et de réforme est une question d'hommes et de femmes".

Toujours, dans son discours, le ministre Diaby invite ceux qui doivent protéger les citoyens et défendre la justice à œuvrer pour l'accès facile des populations vulnérables à une justice équitable. "C'est ainsi, dira-t-il, le renoncement (à la justice) est dur à porter et l'oubli a toujours un prix".

Evoquant les crimes en Guinée, il dira que "les plus graves commis au cours des soixante dernières années sont généralement connus et leur mémoire en est encore vive".

Contrairement aux affirmations du Parquet général, le ministre de l'Unité nationale et de la Citoyenneté révèle que des "ateliers préfectoraux" ont démontré que "toutes les études, tous les témoignages liés aux violations des droits de l'homme en Guinée indexent les forces de défense et de sécurité dans tous les événements douloureux. Tous les régimes qui se sont succédé ont maintenu le pays dans un cycle permanent de violences faisant de nombreuses victimes et  condamnant de nombreux autres  Guinéens à l'exil".

Aujourd'hui, explique le ministre Diaby, "il nous incombe de redonner à ceux-ci l'espoir qu'il n'est pas encore trop tard".

Enfin, explique-t-il, "seule la loi compte, seule la loi protège", donc, "il est temps, poursuit-il, "de rétablir la confiance entre les gouvernants et les gouvernés. Ce qui est indispensable".

De son côté, le chef de la délégation de l'Union européenne en Guinée, a indiqué que son institution accompagne et accompagnera les efforts du gouvernement guinéen dans la lutte contre l'impunité et les violences faites aux populations vulnérables pour la consolidation de l'Etat de droit. L'Union européenne a financé des Ong pour faciliter l'accès à la justice aux personnes vulnérables, ajoute le diplomate.

"Enfin, dira-t-il, lutter contre l'impunité signifie rendre justice aux victimes, réduire la répétition d'actes nuisibles à la population et aux biens publics et privés et constitue une véritable base  d'un développement économique et social."

Amadou Kendessa Diallo

+224 664 24 54 78

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