"Nous allons tuer l’amateurisme", dixit Antonio Souaré à propos de la présidence de la FEGUIFOOT

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Récemment, le président de la Ligue guinéenne de football professionnel, Antonio Souaré était l'invité de la radio privée Lynx FM. Il a évoqué plusieurs sujets avec les animateurs de cette émission notamment la CAN 2023, les préparatifs et la présidence de la FEGUIFOOT. Lisez!

On parlait de la CAN, dites-nous quels sont les critères qui ont prévalu pour le choix, pour composer les 11 Commissions de cette CAN ?

Si vous me posez cette question, je ne suis pas en mesure de vous répondre  parce que nous sommes dans un pays où il y a des observateurs, des intellectuels, des hommes de culture, des connaissances et je ne peux pas vous répondre parce que je ne suis pas le décisionnaire. Moi, je suis un homme privé.

 Je travaille. Mes sociétés sont privées et moi-même, je suis privé. En Fonction de ma profession d’ingénieur télécom, je travaille sur ce côté-là.

Les critères, d’autres personnes peuvent les répondre. Je pense à mon humble avis que ceux qui ont été choisis, c’est en fonction de leurs  parcours, de leurs passés. Ce qu’ils ont déjà fait, ce qu’ils sont capables de faire, c’est une marque de confiance. Vous n’allez pas tomber du ciel pour être pris comme ça. S’ils savent que vous ne pouvez rien faire, vous n’allez pas être choisis. Donc, c’est comme vous, c’est comme nous ! Quand il y a eu le choix, on se réjouit du choix, de la confiance placée en nous. Mais moi, je ne pourrai pas vous dire les critères.

L’un des gros problèmes en Guinée, c’est le problème de suivi et d’évaluation. Dans ce cas, l’organisation de la Coupe d’Afrique demande beaucoup de moyens.  Alors quelles sont les forces sur lesquelles vous allez vous appuyer pour faire en sorte qu’il y ait un suivi dans l’exécution des travaux qui vont prévaloir ?

Vous savez les projets, il faut donner aux professionnels, à ceux qui savent le faire et  qui ont le savoir-faire. Pour ce projet-là, dès mon premier jour, j’ai dit, moi,  j’ai eu l’avantage  de suivre des projets réalisés dans beaucoup de pays. J’ai été témoin de la réalisation dans beaucoup de pays, étant un membre  d’une commission importante de la Confédération Africaine de Football.

Donc, je vous dis que le football, c’est un vecteur de développement. Tous les secteurs, aucun secteur n’est épargné. Tous les secteurs sont intéressés. C’est un mouvement d’ensemble, nous devons partir d’un point A à un point B. C'est-à-dire les gens sont focalisés sur le stade. Mais ce n’est pas le stade qui organise la Coupe d’Afrique des Nations.

Vous avez les communications, les communications sont immenses. Il ne faut pas que  les gens pensent que c’est les téléphones. Non ! Il y’a les routes, il y a les chemins de fer, la voie aérienne, il y a aussi la voie maritime.

 Ensuite quand vous transportez les gens, il faut les héberger. Là, ce sont les hôtels. Deuxièmement, c’est la sécurité. Pour sécuriser la vie des personnes qui se déplacent, il faut de la lumière, il faut un hôpital moderne, il faut un hôpital doté d’un centre de dialyse. Tous ces mouvements de tourisme, d’habitats, de travaux publics, de télécommunications, d’adduction d’eau, parce que c’est lié. La SEG aura un travail immense à faire. Si vous manquez d’électricité, mais vous ne pouvez pas accepter de manquer de l’eau, mais ça dépendra de la capacité managériale de ceux qui sont là, voilà! Nous travaillerons dans ce sens.

Mettez ça dans votre tête, que nous, on peut faire quelque chose de fiable. Parce que nous sommes des privés. On a aucune une pression, on a la volonté politique derrière, on posera le problème et notre force sera quoi ? C’est la communication.

On fera le point avec la presse à tout moment pour savoir où on a commencé, où nous sommes, où nous devons partir, qu’est-ce qui reste à faire, nous ferons tout.

J’étais avec Shanghai construction qui m’a dit ceci: "président, regardez dans toute l’Afrique, c’est nous qui avons construit les stades, en tout cas la plupart. Même à Libreville, là où la compétition  doit commencer dans une semaine, nous, on fait un stade en 24 mois ; deux ans seulement". Et nous en Guinée ici, nous  avons cinq ans devant nous. Il ne faut pas considérer la sixième année.

Il faut que la Guinée soit capable d’organiser après les travaux une CAN junior, avant la vraie CAN, pour tester: soit la CAN des cadets, soit celle féminine, soit  celle des juniors. Il faut qu’on puisse organiser l’une de ces trois compétions à un an ou à un an et demi de la grande compétition. En ce moment, ça va nous mettre à l’abri des erreurs et des fautes qui pourraient arriver en 2023, pour pouvoir les corriger à temps.

Il  faut noter que l’organisation d’une compétition comme la CAN est beaucoup plus compliquée. Il faut le faire sans faute, il faut que les gens soient transférés à un moment précis, surtout, il faut tenir en compte la sécurité des stades, la sécurité des personnes et des biens. Voilà un ensemble de tout qu’il faut gérer.

Je vous assure que nous allons travailler d'arrache-pied en mettant en place des hommes qui peuvent le faire. On va commencer par mettre en place un comité d’organisation pour la bonne réussite de cette organisation. Vous verrez puisque nous avons une volonté politique donc nous réussirons.

Il y a une Ligue qui a été créée l’année dernière. Quelles sont les nouveautés apportées pour cette saison 2016-2017 ?

Vous savez, on a créé la Ligue dans les conditions difficiles l’année dernière, parce que ça n’a pas été préparé par la fédération. Il n’y a pas de budget. Il y a un an, il faut que vous le sachiez que c’est un homme (Antonio Souaré, ndlr), un seul qui a pris ça sur ses épaules qui a financé tous les clubs, financé tout le championnat. Et que le championnat a commencé à temps et terminé à temps, avant beaucoup de pays de la sous-région. Nous avons été très fiers de ça.

Vous avez vu comment le championnat s’est passé. Les nouveautés de cette année, c’est quoi ? Normalement, on s’attend à une élection. Il faut faire l’élection pour finir pour de bon. Et, il est dit que quand vous acceptez d’être professionnel,  il faut vous soumettre à la loi et au règlement. Tous les clubs sont enregistrés en société: soit personnelle, unipersonnelle soit en SARL, soit en S.A parce que c’est une société commerciale.

Quand vous êtes professionnel,  vous le faites à but lucratif. Il faut qu’ils le comprennent.  Ce n’est pas le national, ce n’est pas l’amateur, je l’ai toujours dit quand vous êtes professionnel c’est que vous l’avez fait à but lucratif. Donc vous devez pouvoir vous enregistrer  parce que dans le nouveau règlement de la FIFA et de la CAF, il faut que vous soyez enregistré. Il faut que vous soyez listé parce que vous allez faire le transfert, vous allez faire le mouvement.

Tous ces jeux sont gérés par la FIFA. Et pour que vous soyez dans les normes, il faut que vous remplissiez toutes ces conditions-là. Cela ne voudrait pas dire que vous ne pouvez pas jouer  le championnat guinéen. Imaginez, aujourd’hui un club qui n’a pas fait les formalités qui soit demain champion de Guinée mais ce club ne pourra pas représenter le pays en compétition internationale parce qu’il ne remplit pas toutes les conditions pour jouer sur le plan international, seulement sur le plan national. Donc cette nouveauté-là, aujourd’hui, il faut mettre toutes ces structures en place.

L’année dernière, on a joué le niveau le plus bas. Donc, il faut élever le niveau pour que l’année prochaine, qu’on puisse être au niveau supérieur. L’année dernière, on a joué que sur la ligue I et la ligue II. Aujourd’hui,  notre colonne vertébrale de football n’existe pas. Vous jouez au sommet mais vous n’avez pas de base. Si vous n’avez pas de base, comment allez-vous progresser? Donc, aujourd’hui, il faut mettre le CFA en place, c'est-à-dire les centres de formations académiques qui vont donner aux amateurs c'est-à-dire ligue I et ligue II, la capacité de compétir honorablement et intégralement en ligue I et II. Voilà il y a tellement des nouveautés qu’on a apportées cette année, et vous verrez avec l’évolution du championnat.

Nous avons appris que le professionnel du monde du sport  souhaiterait que vous soyez le président de la féguifoot mais il y en a qui disent que vous hésitez. Alors pourquoi hésiterez-vous si vous êtes un homme du sérail?

Ecoutez, ça  n’a pas commencé aujourd’hui. C'est une grande confiance, c’est très bien, quand tout le monde se mobilise pour vous donner une responsabilité majeure dans cette profession vraiment, c’est bien. Je les remercie sincèrement, ça me va droit au cœur. Je me sens grandi et responsabilisé.

Je n’hésite pas ! Vous savez il y a deux ans, qu’on m’a demandé ça. J’ai décliné. Pourquoi ? Je vous dis la cause aujourd’hui. Lorsqu’ils sont venus me voir, il y a deux ans pour me proposer la présidence de la Fédération Guinéenne de Football, je leur ai dit non ! Je ne veux pas être président maintenant. Ils m’ont demandé pourquoi ? J’ai dit écoutez-moi, j’ai des grands chantiers. J’ai deux chantiers qui me tiennent à cœur et qui demandent beaucoup d’argent. Il y a le grand centre de YOROKOGUIYA où nous avons plusieurs terrains, nous avons un hôtel de grande dimension à construire, une école de foot, un restaurant. Ensuite nous avons des routes et des ponts à faire et un palais des sports à faire pour la jeunesse guinéenne.

En médias, nous sommes en train de faire une télévision numérique HT et une Radio HT qui demandent beaucoup d’argent. Je leur ai dit ça. Je n’ai pas manqué de leur dire  que je connais la mentalité des Guinéens qui ne change pas. Si aujourd’hui j’accepte d’être le président de la fédération Guinéenne de Football, dans deux ans, quand vous allez voir mon centre, ma radio, ma télévision, vous allez dire que c’est l’argent de la fédération qu’il a pris pour construire. Il n’avait pas ses moyens. Je leur ai dit laissez-moi d’abord suivre mon élan.

Ensuite, je leur ai dit que si je vous dis que je n’aime pas le football, je vous ai menti. Si je vous dis que ne veux pas progresser dans le football, être hissé au plus haut sommet, là je vous ai menti. Je leur ai dit de me laisser faire comprendre aux Guinéens qui ne me connaissent pas que c’est mon propre argent que j’utilise, mon propre argent.

Aujourd’hui, Dieu merci ! Ce centre est là. Tout le  monde entier a vu. Il n’y a pas encore une semaine la FIFA était là. Voilà ce qu’ils mon dit: "Monsieur le président, ce n’est pas un centre  que vous avez construit  mais plutôt un empire pour cette génération et la postérité". Et quand Canal + est venu voir l’installation de notre radiotélévision, ils nous ont dit ‘’ Monsieur le président, vous avez des matériels que même Canal n’en a pas’’. On a Lobi Vane ici. Lobi Vane est un studio mobile qui reporte n’importe quel match aujourd’hui de la coupe du monde jusqu’au match du quartier avec tous les systèmes de replay avec toutes les caméras.

Vous voyez ! Donc si je ne m’étais pas donné le temps dans ces deux dernières années pour réaliser cela, vous connaissez la mentalité de nos frères. Aujourd’hui, ça allait être l’objet de débats et discussions  partout en Guinée, dans les radios, dans les télévisions et même dans les cafés. On allait dire que j’ai détouré l’argent de la féguifoot. Mais aujourd’hui,  Dieu merci ! Je suis prêt.

Antonio Souaré prêt à briguer la Fédération Guinéenne de Football ?

Attendez ! J’ai tout ça derrière moi. C’est une fierté pour la Guinée. Je mets ça  à la disposition de la Guinée, de la sous-région et de toute l’Afrique, parce que c’est l’un des plus grands centres aujourd’hui en Afrique. On a voulu créer une destination africaine qui est la destination Guinée, en matière de médias et de football.

Maintenant que vous avez tout : le centre, la télé et la radio. Si maintenant on vous demandait d’être le président de la FEGUIFOOT, est-ce que vous allez l’accepter ?

Comme on me fait confiance, toute la Guinée a confiance en moi, les Guinéens ont su comprendre de quoi je suis capable. J’ai eu l’estime et la confiance du Chef de l’Etat pour me confier le plus grand sentier de la Guinée qui est le COCAN par rapport à la fédération, qu’est-ce que je peux dire. Quand je dis que je le suis, ça veut dire que je ne pourrai pas le refuser.

Donnez-nous l’exclusivité: « Moi Antonio Souaré, je suis candidat à la tête de la Fédération Guinéenne de Football »

Je préfère que ceux qui me l’ont demandé, le disent parce qu'eux et moi, on a déjà parlé. Ils vont vous le dire. Je suis prêt là où je suis assis à servir le football  guinéen pour l’honneur du football guinéen.

Si vous êtes le président de la fédération, quels sont les sentiers auxquels vous donnerez la priorité ?

Je vous garantis, si je viens à la tête de la Fédération Guinéenne de Football, je serai là pour servir le football pas pour me servir du football. Je le ferai avec beaucoup de passion et de professionnalisme. Nous allons tuer l’amateurisme, car c’est l’amateurisme qui a gangrené notre football. Il est temps que notre football se débarrasse du clientélisme, qu’on se débarrasse de ceux qui viennent pour se servir du football, qui ne font pas les comptes rendus, qui ne font pas de réunions.

Une synthèse d’Alpha Amadou Diallo       

 

                 

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