En Guinée, nous sommes sortis de l’ère des régimes militaires et des dictatures. Mais, traumatisés, nous en conservons les schémas mentaux et les séquelles psychologiques. Nos conceptions du pouvoir et sa dévolution sont restées tributaires du passé. Nous sommes maintenant à l’ère de la partitocratie.

Le prédateur-fugitif ancien Président de la Fédération Guinéenne de Football, Salifou Camara Super V, frise l'essoufflement. Et la reddition, n'est plus lointaine. Dans sa fuite effrénée de la justice qu'il méprise, le fuyard Salifou Camara Super V, a désormais dans son dos, toute la grande famille du sport guinéen.Pas seulement la Fédération Guinéenne de Football, la CAF et la FIFA qui exigent que toute la lumière soit faite sur l'opaque gestion qui a caractérisé sa catastrophique présidence et caché des malversations et corruption jamais enregistrées dans l'histoire de la Fédération Guinéenne de Football. 

L’inquiétude, la peur et la tristesse ont secoué tous les Guinéens sincères au petit matin de ce 30 octobre 2017, et pour cause : certains esprits ont fait circuler à Conakry la rumeur de la mort du Président de la République, le Professeur Alpha Condé.

Une tentative de désinformation machiavélique et mesquine qui a indigné les croyants guinéens. Disons-le tout de go, le Président Alpha Condé n’est pas mort, il se porte comme un charme. La preuve, il a fait une promenade de santé ce lundi matin dans les rues de Kaloum pour sensibiliser les populations de la presqu’île sur les avantages de Conakry 2030.

La rumeur a été créé et entretenue à la suite d’une mauvaise interprétation de l’émission d’une radio de la place. La rumeur a ensuite enflammé immédiatement la Toile.

La Guinée on le sait, fait face, du fait de la situation socio politique, à une inflation d’informations dont on ne peut malheureusement se fier au regard de leurs auteurs.

Ceux qui ont récupérer politiquement la maladresse de la radio (Gangan) pour fait ventiler l’information savaient que cela choquerait les populations.

Le respect des morts, des personnes âgées, de la religion est presqu’inscrit dans les gènes des Guinéens du fait de leur éducation et de leur sens élevé de la cohésion sociale. Les Guinéens doivent donc se méfier de ces informations présentées sous une forme crédible qui, en réalité, visent à leur faire perdre le nord pour les amener à adhérer à une idéologie précise. Non, la politique, ce n’est pas ça. C’est s’abord promouvoir l’unité nationale autour des valeurs reconnues par tous. A partir de là, la population doit pouvoir tirer les enseignements et se méfier de ces messies qui ont pour seule arme la désinformation et la rumeur malfaisante.

Le Bureau de Presse de la Présidence

Theo Francken, Secrétaire d’État belge à l’Asile et la Migration, n'a rien trouvé de mieux, dans une interview publiée, le 07 octobre 2017, par les quotidiens belges "La libre Belgique" et "La dernière heure", que de faire parler de lui en établissant un parallèle totalement absurde entre le Maroc et d'autres pays où les Droits de l'Homme ne sont pas respectés.

L’assassinat le 29 octobre à Sagalé de Chérif Ibrahim, frère du vénérable érudit Chérif Mazid est un acte horrible et grave . Cette petite bourgade perchée dans les hauteurs de la préfecture de Lélouma au cœur du Fouta est un lieu de pèlerinage et de méditation pour des milliers de croyants . Haut lieu d’une forte spiritualité et de tolérance religieuse, Sagalé draine chaque année des milliers de pèlerins qui recherchent un réconfort moral dans l’approfondissement de leur connaissance religieuse.

Le malaise continue en Haute-Guinée et en Guinée-Forestière. Après les récentes manifs de Boké, Kamsar et Kolaboui (Basse-Guinée), Kérouané (Haute-Guinée), le 18 octobre, le ton est monté dans le buisson de Beyla (région forestière), à 135 Km au sud-ouest de N’Zérékoré, le chef-lieu de la région forestière. Des jeunes de Beyla-centre, très en colère, sont descendus dans les ruelles poussiéreuses du coin pour réclamer, comme leurs voisins de Kérouané, l’amélioration de leurs conditions de vie et la réalisation des promesses faites par le Prési Alpha Grimpeur lors de la campagne pestilentielle de 2015. Lors de ce scrutin-là, Beyla avait offert au RPG-Arc-en-ciel et à son candidat Alpha Grimpeur, 106 727 voix des 128 010 qu’elle comptait, soit 83,37% des suffrages. Ce qui a donné à des promesses genre bidon.

Les manifestants ont barricadé les pistes avec des pierres et des troncs d’arbre, raconte-t-on partout. Même à la télébidon nationale. Le 18 octobre, dans l’émission « Œil de Lynx » sur Lynx FM, Mamady Kassia Donzo, un des initiateurs de la manif, a cueilli ainsi les raisins de la colère : « Nous marchons pour attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur des maux dont souffre la préfecture de Beyla ». Parmi les ingratitudes citées, le manque des gens-saignants à tous les niveaux, au lycée moderne et au collège ainsi que du personnel à l’hosto préfectoral et dans les centres sanitaires de la préfecture. «Nous réclamons le bitumage des routes nationales Kankan-Kérouané-Beyla, Beyla-Sinko et Beyla-Dougbela qui fait frontière avec la Côte d’Ivoire, l’achèvement des infrastructures allouées à Beyla depuis le 55ème anniversaire de l’Indépendance de la République de Guinée à savoir : le marché, la gendarmerie, la résidence du préfet et le terrain de proximité promis mais non encore réalisés et l’emploi des jeunes ». Les grognards exigent aussi la mise en place d’une commission d’audit autour de la construction du Stade préfectoral dont les travaux sont à l’arrêt depuis plus de 10 ans. Selon Kassia Donzo, Beyla est dans une situation alarmante. L’abandon du coin par les autorités a encouragé l’immigration des jeunes vers la Méditerranée, accuse-t-il. Le bled manque d’eau courante, d’électricité et d’emplois. Surtout que Rio Tinto a plié bagages depuis maintenant deux ans.

Dans le domaine de l’élevage, la situation n’est pas non plus reluisante à Beyla, indique un Beylaka. « Les autorités préfectorales ont accepté l’installation d’éleveurs venant des autres pays qui détiennent une race destructrice. La race initiale a tendance à disparaître ». Les manifestants ont exigé « l’éradication » de ladite race de leur préfecture. En juillet 2011, des « donzos » avaient abattu une dizaine de cheptels à Beyla, sans sourciller, sans craindre une quelconque punition.

Selon le correspondant de Guineenews.org à Beyla, le 19 octobre, dans les environs de 4h, le préfet, Lamine Cissé, a été extrait en catimini de la ville par des forces de désordre. Destination, N’Zaly city, le chef-lieu de la région. Histoire de sauver sa peau.

Il est reproché à La Belle Mine, d’être derrière la manif. Il aurait accusé des responsables locaux de l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée) et du PEDN (Parti de l’espoir pour le développement national), qui appartiennent à une seule famille du quartier Diakolodou Sobakono Kouroumala d’être les instigateurs de la manif. Il ne manquait plus que ça.

Lamine, le Scié se défend

Dans l’émission Koloma-Débacle de la RTG du 20 octobre, le même Lamine Cissé, a livré sa version des faits. « La température est à la normale à Beyla depuis hier (jeudi 19 octobre Ndlr) à 11h. Mais, réellement, je ne peux pas vous dire exactement de quoi il s’agit. J’ai vu spontanément les gens dans la rue, illégalement, après des rumeurs d’une journée seulement. Alors, je ne peux pas me fier exactement à des rumeurs. Monsieur le maire m’a dit que ce n’est pas lui qui a autorisé la marche. Que d’ailleurs, personne ne l’a saisi de l’organisation d’une marche », narre le Scié, chez nos confrères de Guineematin.com. Même que la manif n’a eu lieu que dans un quartier et que « là aussi, c’est dans une seule famille qu’on se remue». La belle objectivité !

Le préfet précise que Beyla est « naturellement divisée en deux blocs : Beyla Sobakono et Diakolodou Sobakono Kouroumala, séparés par la bande occupée par l’Administration ». Coloration communautaire ? Allez savoir ! Il raconte partout que des sages lui auraient dit que « l’insurrection populaire » aurait été provoquée par un groupuscule de jeunes essentiellement de Diakolodou Sobakono Kouroumala. Il a déploré l’attaque des concessions notamment celle de El Hadj Mama Moriba Kourouma, un des doyens du buisson, « qui n’est pas à son domicile depuis le mardi, 17 octobre ».

Bilan de la manif

On a déploré d’importants dégâts matériels dont plusieurs habitations incendiées, la mise à sac de la compagnie de la gendarmerie préfectorale (son contenu aurait été emporté), de nombreuses arrestations. Une délégation aura été formée pour rencontrer les autorités, mais selon Mamady Kassia Donzo, la flicaille a empêché celle-ci de rencontrer les intéressés. Pour maintenir la tension, quoi ! Les jeunes en colère auraient alors donné un ultimatum de 48h aux autorités pour engager le dialogue avec eux. Dans l’après-midi du 20 octobre, le con(.)frère a indiqué que les frondeurs ont accepté d’engager des négociations avec la délégation régionale venue de N’Zérékoré. A l’issue de laquelle, un des manifestants rapporte que « La manifestation est suspendue provisoirement pour aujourd’hui (vendredi 20 octobre Ndlr) et demain (samedi 21 octobre Ndlr) sous certaines conditions. Que les personnes  arrêtées et transférées à N’Zérékoré soient libérées d’ici au plus tard  samedi 21 octobre; que les hommes en tenue restent dans leurs garnisons. Pour le moment, nous sommes à ce niveau. Les barricades sont levées  et maintenant, il y a un peu d’ambiance dans la ville. Cela n’empêche pas les jeunes de rester sur leur garde pour toute éventualité. Ce n’est pas un problème de négociation. La jeunesse a bel et bien écouté la délégation venue de N’Zérékoré. Nous nous sommes entendus de ne pas chasser les gens qui viennent pour négocier, mais nous leur dirons ce que nous avons comme exigences. C’est la raison pour laquelle nous affirmons que nos mouvements sont suspendus, mais pas arrêtés (…) S’il n’y a pas d’échos favorables dans les deux jours qui suivent, nous redescendrons dans la rue », a-t-il menacé. La médiation aurait réussi grâce à l’implication des gens de la société civile locale. Au moment où nous allions sous presse, farces de l’ordre et manifestants se regardaient en chiens de faïence à Beyla qui reprenait son train-train quotidien, raconte-t-on.

Lola dans la transe

Le 19 octobre, la préfecture de Lola, au sud de N’Zérékoré, a failli entrer dans la danse. Elle a été plutôt secouée par une manif d’élèves, aux origines banales. Le préfet, Saa Youla Tolno, aurait pris le taureau par les cordes pour calmer les esprits. Il a convoqué une réunion d’urgence dans la salle de conférence de la préfecture où leaders religieux, leaders de jeunes, associations de nounous, forces de sécurité se sont mis à causer. Excusez du peu ! Pour mettre les poings sur les ires. Après le mini-bavardage, tout est entré dans l’ordre, témoignent des Lolakas. Et c’est tant mieux.

Kouroussa aussi ?

Le 19 octobre dans l’après-midi, des témoignages concordants ont indiqué que l’axe Kouroussa-Kankan (Haute-Guinée) a été paralysé par des manifestants en colère. Les habitants de Kouroussa, la savane d’origine du Prési Alpha Grimpeur, ont battu le macadam pour des causes difficiles à préciser. D’aucuns ont dit qu’ils ont manifesté pour emboîter le pas à Kérouané et Beyla qui réclamaient de meilleures conditions de vie et de l’emploi pour les jeunes. D’autres ont estimé que ce sont des employés d’une société locale qui ont manifesté pour avoir été virés. D’autres encore ont indiqué que c’est une manif  de jeunes orpailleurs qui réclamaient un site pour continuer leur travail d’extraction artisanale de l’or, qui a paralysée la voie. Ils auraient été chassés par des flics et des pandores venus de Kankan, indique-t-on. « L’endroit où ils travaillaient est occupé par une société minière depuis longtemps. Le gouvernement avait demandé aux orpailleurs artisanaux de quitter les lieux. Ils veulent avoir un autre site pour continuer leurs activités d’extraction artisanale de l’or », narre un Kouroussaka au micro d’un con(.)frère. La manif n’aurait enregistré ni blessés ni de dégâts matériels. Karamoko Alpha Mo Kouroussa appréciera.

Le coup de miel de Bouréma Condé à Labé

Le 20 octobre, en safari en Moyenne-Guinée, le ministre de l’Administration du trottoir et de la décentralisation, le Général Boureima Condé, a réagi à Labé, face à la multiplication des tensions dans le bled. Selon Guineematin.com, aux autorités locales, aux farces de défense et de sécu, à la notabilité réunis autour du premier imam de la grande mosquée, El Hadj Badrou Bah, il a remercié le populo de la région, fief de l’opposition, pour le climat de paix et de quiétude sociale entretenu par les acteurs concernés. Et de caresser dans le vrai sens du poil, la population en ces termes : « On pensait que cette région qui est le bastion de l’opposition allait fatiguer le régime. Mais, c’est le contraire. C’est ailleurs, là où l’opposition n’est pas forte que nous avons des problèmes. Nous vous remercions et vous encourageons dans cet effort. Vous nous donnez de la langue ailleurs. » Mon Général, vous voulez dire que le régime se fatigue tout seul ? Il faut le préciser, hein !

Source: Le Lynx

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